Vitraulle Mboungou - Au sein de la diaspora africaine en Occident, certaines communautés sont souvent données en exemple plus que les autres pour leur action aussi bien à l’intérieur de leur propre communauté que pour leur pays d’origine. Ainsi, les Sénégalais sont réputés pour être plus solidaires, organisés et unis entre eux que d’autres communautés africaines.
Idées qu’on retrouve, entre autres, dans les différentes études faites sur le transfert d’argent des immigrés africains vers le continent. Il apparaît clairement que la diaspora sénégalaise est parmi celle qui contribue le plus au développement de son pays sur le plan économique, social et culturel. En effet, grâce à ses transferts financiers réguliers, plus ou moins élevés, cette communauté fait non seulement vivre des familles entières mais aide également à dynamiser plusieurs projets en cours dans le pays, notamment dans leur région d’origine. Des projets dans le domaine de la formation scolaire (construction d’écoles), de la santé (amélioration des soins de santé, construction de dispensaires, etc.) du social et de la satisfaction de besoins matériels (couverture du coût de la vie et amélioration du niveau de vie), etc.
Les Sénégalais se distinguent également des autres communautés africaines par leur énorme capacité à se mobiliser en cas de problèmes imprévus, tels qu’une grave maladie ou le décès d’un membre de la diaspora. Il n’est pas alors rare de les voir se démener pour rassembler la somme nécessaire pour faire soigner le compatriote ainsi touché ou pour faire évacuer le corps très rapidement. Chacun y va de sa contribution financière, même les plus démunis. Seul le geste compte. Ils travaillent ainsi sans cesse au renforcement des relations sociales entre les membres de leur diaspora mais également avec ceux des autres diasporas qui, attirés par cet esprit d’entraide et de fraternité, n’hésitent pas à rejoindre cette communauté très présente dans les grandes capitales occidentales, notamment à Paris.
D’où vient donc cette solidarité et cohésion entre les Sénégalais? Doit-on chercher l’explication dans la fameuse hospitalité du pays de la Téranga? En effet, ce mot d’origine wolof se traduit littéralement par hospitalité mais en réalité, il reflète surtout le sens de ce qui est tout un ensemble d’actes et de gestes d’ouverture de la population sénégalaise envers les étrangers. La Téranga se remarque ainsi à travers des sourires et des salutations échangées, mais aussi les repas pris en communauté, en famille ou entre amis autour d’un grand plat. Doit-on donc comprendre que c’est culturel? Cette solidarité existe-t-elle réellement ou est-ce juste une illusion? Il arrive effectivement qu’un peuple paraisse, d’un point de vue extérieur, symboliser un certain trait de caractère. Or, lorsque l’on regarde de près, il peut s’avérer qu’il s’agit d’un phénomène principalement clanique ou ethnique. Ainsi, les Bamilékés au Cameroun sont tout aussi perçus à l’étranger comme formant une communauté soudée et fraternelle. On pourrait donc penser qu’à l’instar des Sénégalais, c’est toute la communauté camerounaise en général qui est ainsi. Il faut donc se méfier de toute généralisation.
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