La deuxième génération d’immigrants : dilemme identitaire

Envoyer Imprimer PDF

vitraulle mboungouVitraulle Mboungou - On appelle « deuxième génération d’immigrants », des personnes nées dans le pays d’accueil des parents immigrants où elles ont donc généralement grandi. Souvent, certains de ces jeunes s’identifient à la communauté ethnoculturelle du pays d’origine des parents, d’autres ont exclusivement un sentiment d’appartenance envers la société d’accueil de ces derniers tandis que d’autres encore se reconnaissent dans les deux pays et cultures. Le sentiment d’attachement de ces jeunes envers la culture du pays d’ origine des parents, vient en grande partie de leur éducation. En effet, beaucoup de parents qui ont conservé certains aspects de leur culture et traditions telles que la langue, les valeurs, la nourriture, la musique, etc. les transmettent à leur enfant.

À l’inverse, une autre partie de ces jeunes sont loin d’accorder une aussi grande importance à leurs origines ethniques car justement ils n’ont pas été élevés dans une double culture et très souvent, ils ne se sont jamais rendus dans le pays d’origine de leurs parents immigrants. C’est donc presque normal qu’ils aient moins tendance que les autres à s’y identifier. Ainsi, les facteurs qui mènent un jeune immigrant de deuxième génération à considérer que l’origine ethnoculturelle de ses parents immigrants est une composante essentielle de sa propre identité, sont donc fortement liés à son éducation, surtout s’il a eu l’occasion de découvrir le pays d’origine des parents. Ce type de voyage peut permettre de renforcer son appartenance à la communauté culturelle des parents ou au contraire, être pour d’autres, une raison de détachement et de l’indifférence envers ce pays, en particulier lorsqu’un seul des parents est immigrant.
En somme, si beaucoup des jeunes immigrants de deuxième génération s’identifient plus ou moins au pays ou à la région d’origine des parents, ils ne le font pas tous. Quoi qu’il en soit, tout cela entrave rarement l’appartenance de ces jeunes, dans leur ensemble, à la société qui a accueilli leurs parents et dans laquelle ils ont grandi.

On peut ainsi citer l’exemple de la France où ces « jeunes issus de l’immigration » comme on les appelle, sont sans cesse soupçonnés de « ne pas aimer la France » et de ne devenir Français à leur majorité, que pour des raisons utilitaires. On a pu le constater en 2001, au lendemain d’un match de football opposant la France à l’Algérie, au cours duquel l’hymne national français a été sifflé par les jeunes Français d’origine algérienne et en 2005, au moment des fameuses émeutes urbaines déclenchées à la suite de la mort de deux adolescents « issus de l’immigration » poursuivis par la police. Les hommes politiques, les médias et une partie de la population française ont alors reproché à ces jeunes, de rejeter la France ou simplement de ne pas se sentir Français au point que l’actuel président Nicolas Sarkozy, à l’époque Ministre de l’Intérieur, avait dit : « La France, tu l’aimes ou tu la quittes ».

Mais, Évelyne Ribert, chercheure au CNRS (Centre Nationale de Recherche Scientifique) a démontré dans son livre, Liberté, égalité, carte d’identité, les jeunes issus de l’immigration et l’appartenance nationale, paru en 2006, que ces accusations n’étaient aucunement fondées. En effet, suite à une enquête de terrain auprès de ces jeunes, elle a prouvé clairement que, certes, il y a un faible sentiment d’appartenance à la France, mais aussi de profondes attaches. Une attitude qui les rapproche de la majorité des autres jeunes Français. Et donc contrairement aux idées reçues, ils prennent la nationalité française à leur majorité (18 ans en France) car ils pensent souvent qu’elle va leur assurer l’égalité des droits avec les « Français de naissance », sans laquelle les jeunes ne pensent pas pouvoir faire décemment leur vie en France. Le but est donc égalitaire, non instrumental. En revanche, beaucoup de ces jeunes vivent très douloureusement le rejet dont ils peuvent se sentir victimes en France.

En conclusion, on peut affirmer que quelle que soit l’identité ou l’appartenance choisie par les jeunes immigrants de deuxième génération, ils considèrent que le pays où ils sont nés, est de fait leur pays car ils y possèdent leurs repères, sont liés affectivement à leur quartier, région ou province et adhèrent aux valeurs communes du pays.

La deuxième génération d’immigrants : dilemme identitaire


 
 
 
 

AE ENTREPRISE

AEInc_logo11

Afrique Expansion Inc.

Créée en 1995, Afrique Expansion Inc. est une firme de consultants en communication et développement international dont la mission est de promouvoir les relations et les partenariats d’affaires entre les entreprises canadiennes et africaines.

+ Plus d'info...

AE MAGAZINE

AEmag_logo11

Afrique Expansion Magazine


Depuis 12 ans, Afrique Expansion Magazine est une revue internationale des affaires qui fait la promotion des échanges commerciaux et des partenariats d’affaires entre l’Afrique et les Amériques...

+ Plus d'info...

FORUM AFRICA

ForumAfrica_logo11

Forum Africa


Rendez-vous d’affaires Organisé par Afrique Expansion Magazine. Il réunit des entrepreneurs, personnalités politiques et dirigeants d’organismes publics et privés...

+ Plus d'info...

Contact

Afrique Expansion Magazine.
Revue des affaires et des partenariats Nord-Sud
Une publication du groupe Geramcommunications

  • Tel: +1 (514) 393-8059
  • Fax: +1 (514) 393-9024
  • Équipe

aem39small