Vitraulle Mboungou - Beaucoup d’immigrés lorsqu’ils arrivent en Occident, qu’ils viennent d’Afrique ou d’ailleurs, sont confrontés à un dilemme : s’intégrer dans la nouvelle société ou rester avec les membres de sa diaspora? D’abord, il y a ceux qui refusent de côtoyer les autres immigrants pour mieux réussir leur intégration. Ils décident alors de ne fréquenter que leurs nouveaux compatriotes car ils estiment que, s’ils restent constamment dans leur communauté, ils ne pourront pas pleinement profiter de tout ce que leur « nouveau pays » peut leur offrir. Le problème est que ce désir d’intégration est parfois tellement fort chez certains qu’ils confondent « intégration » et « assimilation ».
En effet, nombreuses sont les personnes qui, par souci de se faire accepter dans leur nouvelle société d’accueil, vont adopter les habitudes et les comportements de leurs nouveaux compatriotes mais en les exagérant, quitte à devenir comme le dit l’expression « plus royaliste que le roi ». Dès lors, pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés en immigrant, avancer dans leur nouvelle vie et ne pas « se laisser déconcentrer », ils vont progressivement couper tout lien avec les membres de la diaspora de leur pays d’origine ou africaine en général. Ils ont effectivement peur de ne pas évoluer en restant avec les leurs et en s’enfermant dans une sorte de « ghetto communautaire », ce qui passe alors pour de la prétention aux yeux des autres immigrants qui le rejettent à leur tour. Ce type d’attitude est donc source de conflit et de rivalités à l’intérieur même des diasporas. Ces immigrants africains qui désirent ainsi fuir les membres de leur diaspora, basent leur théorie sur l’exemple de certaines grandes communautés qui poussent quelquefois le communautarisme tellement loin qu’elles parviennent presque à créer une société dans la société.
Ensuite, il y a ceux qui décident de rester avec les leurs car ils se sentent plus en sécurité au sein de leur communauté (communauté au sens large du terme, membres d’une même ethnie, d’un même pays, etc.). En effet, souvent lorsque l’on est nouvel arrivant dans un pays, l’on est pris en main par les membres de sa diaspora, ils vous aident dans toutes vos démarches, administratives par exemple. Et il arrive alors que l’on tisse des liens plus étroits avec certaines personnes plus qu’avec d’autres. Des liens qui deviennent presque familiaux. Mais si « par malheur », le « petit nouveau » connaît une ascension professionnelle et sociale fulgurante, trop fulgurante au goût de l’ancien, cela crée de l’animosité chez ce dernier qui ne comprend pas ce qui lui apparait alors comme une injustice. Une telle situation finit toujours indubitablement par un conflit entre les personnes concernées, conflit nourri donc par la jalousie accompagnée du sentiment de frustration que peut engendrer la vie d’immigrant au quotidien. Cette jalousie se manifeste de différentes manières, et plus particulièrement par la médisance. Quelquefois, dans une même communauté, certains transportent des conflits ou divergences tribales du pays d’origine dans le pays d’accueil, en décidant de rejeter leurs compatriotes d’ethnies différentes de la leur. Chose complètement absurde, en particulier lorsque cette diaspora est déjà minoritaire au sein de la diaspora africaine, voire la diaspora noire dans son ensemble.
N’est-il donc pas préférable de viser le juste milieu entre le « ghetto communautaire » et l’assimilation? Certes, il est important de réussir son intégration lorsqu’on est nouvel arrivant dans un pays mais pour autant, il n’est pas nécessaire de rejeter ses origines, sa culture et de s’oublier. Les deux ne sont pas incompatibles.
Vitraulle Mboungou
Les articles suivants pourraient aussi vous intéresser:
- Fonds monétaire africain : vers une intégration des économies du continent
- Transport aérien: le conflit commercial entre le Canada et les Émirats arabes unis monte d’un cran
- La diaspora africaine d’Occident invitée à investir sur le continent
- Diaspora africaine en Occident : difficulté à trouver un emploi à la hauteur de ses compétences
- La diaspora africaine et la francophonie : relation paradoxale avec la langue française
- L’électricité en Afrique : déséquilibre entre la production et la consommation































