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Les "minerais de sang" : le combat continue...

Le Parlement européen vient de valider une nouvelle réglementation visant à mieux encadrer l'importation de certains minerais indispensables à l'industrie, pour ne pas contribuer à financer les conflits armés en Afrique, apprend-t-on de l’AFP.

Appelée « réglementation sur les minerais de sang », elle entrera en vigueur en janvier 2021 et sera particulièrement contraignante pour les entreprises européennes important des minerais comme le tungstène, l’étain, le tantale ou l’or. Leurs noms ne vous sont peut-être pas familier mais pourtant, ils sont indispensables à la production d'objets du quotidien qui nous sont devenus essentiels comme les téléphones portables, les ordinateurs, les réfrigérateurs, les ampoules, etc.

Comme beaucoup de ressources naturelles dans le monde, ces minerais viennent d'Afrique, notamment du sud et de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) dans la région des Grands Lacs où des groupes armés se disputent le contrôle des mines depuis plusieurs années.

Et les entreprises concernées par cette réglementation sont celles qui « se trouvent au début de la chaîne de production, y compris les fonderies et les raffineries » et « elles devront s'assurer et garantir qu'il n'y a pas de lien entre leur chaîne d'approvisionnement et les conflits armés », insiste ce texte cité par l’AFP.

« L'UE a envoyé un signal fort à un petit nombre d'entreprises », mais « au final elle a fait confiance à un bien plus grand nombre pour continuer à s'autoréguler », a déploré auprès de l’agence de presse, Michael Gibb, de l'ONG Global Witness qui lutte contre le pillage des ressources naturelles, et les violences qu'elles provoquent contre les civils dans les pays pauvres. Cette nouvelle réglementation a donc été saluée par les ONG mais certaines ont regretté qu’elle ne s’applique pas à toutes les entreprises concernées.

Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que l’on règlemente pour empêcher la vente de minerais destinés à financer certains conflits armés. Ainsi, en 2003, sous mandat des Nations unies, a été mis en place le Processus de Kimberley qui est aujourd’hui la principale initiative internationale visant à empêcher le trafic mondial des diamants bruts, plus connus sous le nom de « diamants de guerre » ou « diamants du sang », servant notamment à l’achat d’armes pendant les guerres civiles.

En résumé, le Processus de Kimberley qui représente 81 pays, y compris les États-Unis, l'Union européenne, la Russie, la Chine et tous les principaux pays producteurs de diamants, délivre des certificats de traçabilité pour l’exportation et l’importation de pierres précieuses provenant de pays en crise et où les droits de l’Homme sont violés.

Il a été conceptualisé afin d’aborder les enjeux en matière de paix et de sécurité en Afrique et de protéger les nombreuses économies nationales du continent qui dépendent de l’industrie des diamants. Malheureusement, plus d’une décennie après son lancement, il n’est pas parvenu à éliminer complètement ce phénomène.

Et pour cause! Selon un rapport confidentiel d’un groupe d'experts de l'ONU datant de 2015 et transmis au comité des sanctions de la République centrafricaine (RCA) et au panel d'experts du Conseil de sécurité de l'ONU, « le commerce illicite des diamants finance les grands acteurs du conflit et implique de plus en plus les pays voisins tels que le Tchad ».

Toujours d’après ce document cité par BBC Afrique, « 140 000 carats de diamants, d'une valeur de 24 millions de dollars, ont été clandestinement emmenés hors du pays depuis l'interdiction de 2013 de l'exportation des diamants bruts par le Processus de Kimberley ».
Preuve que malgré toutes les réglementations interdisant la vente et l’exportation des « minerais de sang », le trafic se poursuit.

Vitraulle Mboungou

Actuelle rédactrice en chef adjointe d’Afrique Expansion Magazine, Vitraulle Mboungou a plus de 8 ans d’expérience dans la presse écrite aussi bien web que papier. Attirée par l’actualité africaine, elle est passée par divers médias spécialisés sur le continent africain et sa diaspora.



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