La diaspora africaine aux prises avec l’éducation biculturelle des enfants

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vitraulle_mboungouVitraulle Mboungou - Beaucoup d’immigrants africains installés en Occident sont souvent confrontés à ce qui leur apparait comme une situation cornélienne, à savoir l’éducation de leurs enfants. En effet, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’éducation à donner à leur progéniture qui est née et a grandi dans leur pays d’accueil. S’adapter aux mœurs de la société d’accueil et leur transmettre exclusivement  cette nouvelle culture ou s’intégrer tout en conservant fortement les traditions de sa culture d’origine? Pour certains parents, le choix est réellement difficile, notamment lorsque l’enfant est scolarisé parce que l’école reste souvent le principal vecteur de transmission de la culture de la société d’accueil, car c’est là qu’il apprend les valeurs, les croyances, les coutumes de cette dernière. Il passe plus de temps à l’école et à l’extérieur en général qu’à la maison. Par conséquent, sans même le vouloir, l’enfant subit plus l’influence culturelle du pays où il vit. Les parents se sentent ainsi très impuissants face à cette situation et ne savent pas toujours comment inculquer les valeurs de leur pays d’origine à leurs enfants avec le peu de temps qu’ils passent ensemble.

Par ailleurs, cette tâche est rendue encore plus difficile lorsque les parents font partie « d’une communauté minoritaire » contrairement aux communautés asiatiques ou hispanophones par exemple. En effet, lorsque les parents sont issus d’une communauté d’immigrants très forte en nombre, ils ont plus de chance de transmettre leur culture à leurs enfants, notamment en ce qui concerne la langue parce que, du fait qu’ils soient nombreux, leurs enfants ont plus d’occasions de la pratiquer que les enfants dont les parents parlent une langue ethnique très minoritaire. De plus, ils peuvent compter sur les nouvelles technologies de l’information pour la diffusion de leurs cultures. Leurs enfants ainsi, grâce aux chaines de télévision par satellites et internet, peuvent suivre les informations, les films et les documentaires en provenance de la Chine ou du Mexique. À l’heure où les technologies d’information sont synonymes de mondialisation, les parents des communautés asiatiques par exemple, peuvent grâce à cela, transmettre plus facilement leur culture à leurs enfants. En bref, ils peuvent savoir tout ce qui s’y passe, connaître la façon de vivre de la population, leur mode de vie, etc.

Malgré la difficulté de la tâche, certains parents désireux de transmettre les valeurs et la culture de leur pays d’origine à leurs enfants y parviennent, du moins tant qu’ils sont encore petits car dès qu’ils atteignent l’âge de l’adolescence, la situation se complique quelquefois avec ce qu’on appelle en Occident la « crise d’adolescence. Concept que ces parents d’origine africaine ont du mal à concevoir. Ils se retrouvent ainsi très vite dépassés par le comportement « incompréhensible » de leurs enfants. Certains vont même jusqu’à renvoyer l’enfant au pays lorsque celui-ci manifeste une tendance à la violence et à la délinquance juvénile. Histoire de lui apprendre la « réalité africaine », de le « dompter ». Ils ne  peuvent envisager que leur progéniture adoptent des attitudes qui vont  à l’encontre des valeurs de leurs pays d’origine et donc de leurs valeurs. Il est vrai que dans certains cas, on remarque un changement évident de comportement chez l’enfant suite à ce voyage « retour aux sources ». Mais à quel prix?

En agissant ainsi, ces parents poussent leurs enfants à craindre leur pays d’origine et tout ce qui s’en approche de près ou de loin, car ce pays est alors perçu comme une prison, sorte d’enfer, un endroit où l’on envoie les adolescents rebelles et indisciplinés.  Malheureusement, ils ne comprennent pas qu’un modèle éducatif uniquement basé sur un rapport coercitif risque de produire le contraire des résultats désirés.

Dès lors, vivre dans une société qui accorde une place importante à la liberté des individus, notamment à celle des enfants, en plus d’une garantie totale de liberté d’expression, leur demande beaucoup d’efforts. Ainsi, le choc est souvent brutal pour ceux d’entre eux qui n’étaient pas préparés aux réalités sociales de leur « nouveau pays ».
Tandis que d’autres parents ont compris qu’en décidant d’élever leurs enfants dans ce type de société, ces derniers seraient forcément amenés à composer avec la culture de cette société. Ils ont accepté par conséquent qu’il était de leur responsabilité en tant que parent de connaître et de prendre en compte cette réalité, tout en essayant de transmettre les références de l’identité culturelle d’origine.

Vitraulle Mboungou

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