Vitraulle Mboungou - De plus en plus d’Africains décident d’immigrer en Amérique latine dans des pays comme l’Argentine, le Brésil et le Mexique. Ils viennent ainsi remplir les rangs d’une diaspora africaine jusqu’alors très minoritaire sur ce continent. À l’origine de ce phénomène, la fermeture des frontières européennes au début des années 2000. Dès lors, nombreux sont les Africains qui ont décidé d’aller tenter leur chance en Amérique.
En effet, pendant longtemps la France et l’Angleterre, anciennes puissances coloniales, étaient les pays de référence de nombreux immigrants africains qui rêvaient de s’y établir. Mais depuis les histoires des charters remplis de « sans-papiers » renvoyés chez eux, conséquence des mesures restrictives sur l’immigration, ils ont préféré se diriger directement vers l’eldorado américain et canadien.
Et depuis peu, beaucoup de ces Africains candidats à l’exil tentent leur chance en Amérique du Sud, sorte d’escale avant l’arrivée aux États-Unis et au Canada. Un article de l’agence de presse Reuters, estimait en 2009 à 3000 le nombre d’immigrés africains vivant en Argentine alors qu’ils n’étaient que quelques dizaines huit années auparavant. Et selon le comité national brésilien pour les réfugiés, 65% des demandeurs d’asile dans le pays sont originaires d’Afrique. Ce dernier pays est l’une des destinations préférées des Africains sur le continent sud-américain car il compte déjà une forte population d’ascendance africaine, ce qui facilite leur intégration dans le pays. Par ailleurs, il semblerait que dans certains de ces pays comme l’Argentine par exemple, les chances d’obtenir un visa de travail temporaire (renouvelable tous les trois mois), un accès gratuit aux soins de santé ou encore des cours d’espagnol, sont plus importantes qu’en Europe. Les politiques d’immigration de ces pays semblent donc plus favorables. C’est ainsi qu’un des quartiers de la capitale argentine a été surnommée « la petite Dakar » à cause de la présence de nombreux immigrés sénégalais qui sont pour la plupart des marchands ambulants de bijoux, lunettes, statuettes, tissus africains, etc.
Cependant, malgré des politiques d’immigration relativement plus favorables, il semblerait que le racisme reste, comme dans les pays européens que les Africains fuient, une réalité. À la différence, peut-être qu’il s’agit là d’un racisme par ignorance, comme le souligne l’un des témoins interrogés par Reuters : « les Argentins n’ont pas l’habitude de côtoyer des Noirs, hormis ceux venus du Brésil ». Et d’ajouter : « Les habitants de Buenos Aires ignorent même qu’il y a une population argentine d’origine africaine à cause de la traite des esclaves au XVIIIe siècle ». Enfin, selon l’article de Reuters, ces nouveaux immigrants africains s’accordent pour affirmer que le racisme subi en Amérique latine « n’est rien comparé à la xénophobie et aux lois anti-immigration auxquelles sont confrontés les Africains en Europe ».
Vitraulle Mboungou
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