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Afrique : controverse autour d’un réseau américain d'écoles low cost en Ouganda

Un tribunal ougandais vient d’ordonner la fermeture de 63 écoles primaires de Bridge International Academies (BIA), un réseau américain d'écoles privées low cost enseignant dans ce pays. Financé par les investisseurs les plus prestigieux de la planète, comme le co-fondateur de Microsoft Bill Gates et les fondateurs de Facebook et eBay, Mark Zuckerberg et Pierre Omidyar mais aussi la Banque mondiale, ce projet éducatif privé à 6 dollars par mois, voit le jour en 2008 au Kenya.

Il propose un enseignement à moindre coût et axé sur la technologie dans des pays en développement en Afrique et en Asie. Il s’agit, selon ses termes, de « donner la chance à tous les enfants d’avoir accès à un enseignement de haute qualité, peu importe le revenu de leur famille ».

Ainsi, selon le principe de ces écoles low cost présentes également au Liberia et au Nigeria, les cours magistraux sont dispensés sur une tablette numérique à des classes de plusieurs dizaines d'élèves, avec beaucoup d'apprentissage par cœur de leçons standarisées. De son côté, l'enseignant a pour mission d'aider à l'acquisition des savoirs, pas de les dispenser. À l’origine de cette idée, un couple d’étudiants américains diplômés d’Harvard et du Massachusetts Institute of Technology (MIT), deux des meilleures universités américaines.

Ce réseau qui s'est considérablement développé depuis son lancement, est très controversé. La décision de la juge ougandaise Patricia Basaza Wasswa de la Haute Cour de Kampala en Ouganda de fermer ces écoles fait suite à une série d’autres décisions allant dans le même sens.

Elle confirme en effet, la décision de la ministre de l’Éducation. Cette dernière a estimé, lors d’une session parlementaire le 9 août dernier, que les écoles de la BIA fréquentées par 12 000 enfants à travers tout le pays, ne disposaient pas d'autorisations valables et qu’elles négligeaient les normes nationales avec « des conditions d’hygiène et de sécurité médiocres [...] mettant en danger la vie et la sécurité des enfants ». Elle a également jugé que les enseignants de ces écoles n'étaient pas compétents, et que les salles de cours étaient insalubres.

Les méthodes et les infrastructures de la BIA ont aussi provoqué une levée de boucliers chez bon nombre d’ONG et de syndicats d’enseignants africains qui ont ainsi protesté en mai 2015 contre le soutien financier apporté par la Banque mondiale via une lettre ouverte à Jim Yong Kim, son président. Ils dénonçaient cette éducation privée de moindre qualité qui a gagné l’Afrique. « La Banque mondiale ne mettra pas fin à la pauvreté en promouvant les écoles privées à bas coût », ont estimé les auteurs, inquiets de la montée des inégalités liée à la privatisation de l’éducation.

De son côté, la BIA a démenti ces accusations auprès de l’AFP, et précisé que les écoles publiques en Ouganda, elles, accueillent jusqu’à 100 élèves par classe avant de citer l’un de ses enseignants, Patrick Mutegeki : « Les élèves de Bridge [BIA] au Kenya ont 40% de chances de plus que la moyenne de passer leurs examens [...] et ont accédé aux meilleures écoles secondaires au Kenya et aux États-Unis. Je veux la même chose pour les enfants ougandais. »
La société américaine a fait savoir qu'il ferait appel de la décision de la Haute Cour. « Nous sommes extrêmement déçus pour nos élèves et nous sommes en désaccord avec cette décision de justice », a réagi son représentant local, Godwin Matsiko.

Tandis que les partisans de la BIA, pensent que le ministère de l’Éducation dont de nombreux responsables dirigent aussi des écoles privées, craint simplement la concurrence qu’elle représente, ses détracteurs jugent quant à eux, « inacceptable de sous-traiter l’éducation » dans ces pays africains où le système éducatif est déjà en faillite.

Vitraulle Mboungou

Actuelle rédactrice en chef adjointe d’Afrique Expansion Magazine, Vitraulle Mboungou a plus de 8 ans d’expérience dans la presse écrite aussi bien web que papier. Attirée par l’actualité africaine, elle est passée par divers médias spécialisés sur le continent africain et sa diaspora.



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