Vitraulle Mboungou - L’exode des Africains vers l’Occident a affaibli au fil des années le secteur public et privé de nombreux pays sur le continent, qui se voient ainsi privés d’une part importante de leur main d’œuvre hautement qualifiée. Les crises économiques et politiques, le taux de chômage élevé, les violations de droits de l’homme, les conflits armés etc., sont autant de facteurs qui dissuadent un grand nombre de ces expatriés de rentrer au pays. Pourtant, cela ne les empêche pas de participer pleinement au développement de leur pays par le biais des transferts de fonds, une manière comme une autre de montrer leur profond attachement à leur « mère patrie ». Aujourd’hui, beaucoup souhaitent aller encore plus loin en proposant leur expertise professionnelle par exemple.
« Le Cameroun reste profondément ancré en moi. On n’oublie pas sa mère et le Cameroun est ma mère. Si demain on me propose de venir au Cameroun pour aider dans tel ou tel domaine, je répondrais par l’affirmative ». Ces propos tenus dans la revue de l’Association des Camerounais du Canada, par Maka Koto, député canadien et grande figure de la diaspora camerounaise dans ce pays, illustrent parfaitement le sentiment des membres de la diaspora africaine en Occident. En effet, malgré l’exil, ces Africains d’ailleurs ne peuvent s’empêcher de garder un profond sentiment d’attachement pour leur pays d’origine. Comme le dit un proverbe africain, « l’eau chaude n’oublie jamais qu’elle a été froide ». Ainsi, même s’il est reconnu que plus de la moitié des étudiants africains qui ont suivi une formation à l’étranger y restent une fois les études terminées, ils n’oublient jamais la terre qui les a vu naître.
Après les avoir pendant longtemps taxés de « traites à leur patrie », beaucoup d’États africains ont aujourd’hui compris la nécessité d’encourager la participation de ces compatriotes hautement qualifiés installés à l’étranger pour que l’Afrique puisse bénéficier d’un développement économique durable et viable. Et heureusement pour eux, les membres de cette diaspora ont toujours été disposés à interagir avec leur pays d’origine. Ils voient donc en eux des atouts potentiels à exploiter pour favoriser l’essor du continent. Conscients que l’Afrique souffre d’un grand déficit de capacités qui ne peut être comblé qu’en puisant dans l’expertise de sa diaspora formée dans les grandes universités européennes et américaines, ces États africains s’efforcent depuis à promouvoir la collaboration entre les Africains de l’étranger et ceux restés au pays à travers différents projets.
Au Nigéria par exemple, l’ancien président, Olusegun Obasanjo, avait nommé un conseiller chargé de la diaspora afin de mieux canaliser l’apport de cette dernière dans la lutte contre certains fléaux comme la famine ou le sida. Le Mali et le Bénin sont allés encore plus loin en créant un Haut conseil des Maliens ou Béninois de l’extérieur et un ministère en charge de cette question. De même, depuis 2005, le gouvernement camerounais a initié des actions pour la valorisation et l’implication de sa diaspora à la stratégie nationale de développement, en créant notamment le Ministère des Relations Extérieures, avec la Division des Camerounais à l'Étranger. Bon nombre des membres de ces différentes diasporas, qui ont effectué leur formation de haut niveau en Occident grâce à des bourses de leurs gouvernements, travaillent maintenant à trouver divers moyens de se mettre au service de leur pays.
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