Vitraulle Mboungou - L’une des principales raisons qui poussent beaucoup d’immigrants africains à s’installer dans les pays occidentaux, est d’offrir de meilleures possibilités économiques à leurs enfants en leur assurant une meilleure éducation. Aussi, leur réussite scolaire et par corrélation professionnelle est primordiale pour ces parents, et particulièrement lorsque ces derniers possèdent un niveau d’éducation assez faible et ont dû faire de nombreuX sacrifices pour cette réussite. Par ailleurs, la place que peuvent occuper ces immigrants de la « deuxième génération » comme on a l’habitude de les appeler, reflète souvent le processus à long terme d’intégration de leurs parents. En effet, les performances sur le marché du travail de ces enfants d’immigrants élevés et éduqués dans les pays d’accueil des parents, servent souvent de point de référence en matière de réussite des politiques d’intégration.
Seulement voilà, des études faites dans les pays très prisés par les immigrants africains, à savoir les pays européens, le Canada et les États-Unis, démontrent que malgré un taux et un niveau de scolarité plus élevés chez les enfants d’immigrants issus d’une minorité visible, ces derniers qu’ils soient nés ou arrivés très jeunes dans ces pays, ont plus de difficultés à s’intégrer sur le marché du travail que les autres enfants de parents nés dans ces mêmes pays. Par exemple, selon les données du Recensement de la population du Canada de 2006, ces jeunes d’origine africaine ou caribéenne, sont moins susceptibles d’occuper un emploi à temps plein et à durée indéterminée que les autres jeunes de parents nés au Canada et même de groupe de minorités visibles malgré un niveau d’étude similaire ou supérieur. De la même manière, au niveau salarial, le premier groupe gagne moins que le second. L’écart entre eux (de l’ordre de 5% à 14%) reste ainsi relativement important si l’on considère une fois de plus leur scolarité. Cet écart varie selon la région d’origine des parents. Ainsi, les jeunes dont les parents sont originaires d’Europe de l’Est ou du Sud et ceux dont les parents viennent d’Afrique ou des Caraïbes gagnaient respectivement 8% et 28% de moins que ceux dont les parents viennent des pays d’Amérique du Nord ou d’Europe du Nord ou de l’Ouest. Ce qui pose le problème de rendement économique de leurs études, car il ne faut pas oublier que le Canada est l’un des pays où les études, notamment universitaires, sont réputées être chères.
L’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a également fait le même constat dans un de ses rapports datant de 2009 concernant de nombreux pays européens. Cette organisation a comparé les perspectives professionnelles des enfants d’immigrants avec celles des jeunes dont au moins un des deux parents est né dans l’un des pays de l’OCDE. Le rapport est arrivé ainsi à la conclusion que le marché de l’emploi était moins favorable à cette « deuxième génération d’immigrants » qu’à leurs « camarades » sans ascendance étrangère, alors même qu’ils avaient le même niveau de compétences et de développement.
Cette « discrimination » sur le plan professionnel expliquerait-elle le nombre de plus en plus croissant d’enfants d’immigrants africains qui quittent les pays d’accueil de leurs parents pour immigrer ailleurs ou retourner dans les pays d’origine de ces derniers?
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