Vitraulle Mboungou - Pendant longtemps, les immigrants africains, lorsqu’ils arrivaient en Occident, avaient toujours l’idée de rentrer au pays pour profiter de leur retraite. Très peu d’entre eux se voyaient finir leurs vieux jours dans leur pays d’accueil. Mais au vu de l’évolution de la situation personnelle et professionnelle de certains, on est amené à se demander si cette question est toujours d’actualité au sein de cette diaspora? En effet, beaucoup d’Africains souvent originaires d’Afrique du Nord sont venus très jeunes en Occident, notamment en Europe et en particulier en France, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour reconstruire ces pays européens alors en ruine. Ouvriers pour la plupart, ils ont ainsi travaillé à la reconstruction des chemins de fer, des autoroutes et des ensembles immobiliers défectueux.
Seulement, une fois à la retraite, nombreux sont ceux qui sont littéralement tombés des nues en s’apercevant qu’il fallait qu’ils fassent une croix sur leur retraite. Sous prétexte que leurs anciens patrons quelque peu crapuleux n’avaient pas cotisé pour leur retraite pendant qu’ils les faisaient travailler durement (souvent au détriment de leur santé), beaucoup d’entre eux ne peuvent aujourd’hui prétendre obtenir les prestations permettant d’avoir accès au minimum vieillesse auxquels ils ont droit. Et lorsqu’elle est accordée, cette allocation vieillesse est tellement insignifiante en comparaison de leurs anciens collègues natifs du pays d’accueil, que ces immigrants retraités ont à peine de quoi vivre. Déjà avant même d’être à la retraite, ils ont été plus ou moins touchés par une certaine paupérisation liée au phénomène de précarisation de la main-d’œuvre immigrante vieillissante et usée par un travail harassant. Rappelons en effet qu’il s’agit là d’une catégorie de population qui a souvent été confrontée, au cours de sa vie professionnelle, à des conditions de travail plus que difficiles (populations dont le corps a été le principal outil) auxquelles se sont souvent ajoutées des conditions précaires de logement (petit studio dans un foyer ou cabane de chantier) car ils étaient seuls sans famille. Cette population a également connu dans son existence des problèmes de santé avec l’apparition à un moment donné de maladie parfois grave, généralement en rapport avec un accident de travail.
Par ailleurs, les immigrants africains qui reçoivent cette allocation retraite, sont soumis à certaines contraintes qui les empêchent souvent de rentrer définitivement dans leur pays d’origine profiter d’un repos amplement mérité. Ainsi, en France, les immigrés qui ont travaillé pendant des années sur le sol français, restent à contrecœur pour ne pas perdre leurs droits car ils ont l’obligation de résider dans ce pays durant une certaine période sinon ils perdent leurs prestations qui permettent d’accéder au minimum vieillesse qui ne sont pas « exportables ». Ainsi, le délai de résidence exigé est au minimum de six à huit mois, et strictement contrôlé par les autorités françaises.
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