Vitraulle Mboungou - Depuis son émergence sur la scène du commerce international, notamment en Afrique, la Chine exerce un pouvoir attractif sur les populations africaines. Attirées par la croissance économique chinoise, elles sont nombreuses à y émigrer en masse.
La plupart des émigrants africains se dirigent vers les villes commerciales (surnommées les « chocolate city » ou Africatown ») avec des marchés de gros où se négocient des produits d’industrie légère. À l’instar des Chinois dans les anciennes colonies européennes, ces Africains veulent aussi leur part du gâteau de ce que les spécialistes appellent le « miracle chinois ». En effet, depuis le début des échanges commerciaux sino-africains, des milliers de conteneurs sont expédiés tous les ans vers les capitales africaines. Ainsi, beaucoup de négociants du continent profitent de ces nouvelles relations pour implanter leurs activités commerciales chez le premier exportateur mondial. Tandis qu’il existe encore un nombre important d’Africains qui rêvent toujours d’immigrer en Europe malgré la politique d’immigration très fermée des anciennes puissances coloniales, ces hommes préfèrent l’empire du Milieu pour « faire des affaires vite et bien ». La majorité d’entre eux sont des hommes d’affaires qui servent d’intermédiaires entre les entreprises et les usines chinoises et leurs clients sur le continent africain.
Selon des chiffres officiels, l’immigration africaine dans ce pays ne cesse de croître depuis une décennie. Entre 2003 et 2007 par exemple, le nombre d’émigrants africains a augmenté de 30 à 40% par an. Un phénomène qui a énormément surpris les autorités chinoises qui n’y étaient pas préparées, car elles n’avaient jamais été confrontées à une immigration de masse. Ce qui a eu pour conséquence de créer ou de renforcer un sentiment nationaliste chez les Chinois qui reprochent à cette nouvelle population d’immigrants de ne pas chercher à s’intégrer en vivant en marge de la société. Pour endiguer ce phénomène jugé inquiétant, elles ont commencé à baisser le nombre de visas délivrés aux Africains et cela malgré les nombreux accords passés avec leurs pays d’origine, et donc à durcir leur politique d’immigration. Mais il semblerait que la situation soit différente dans les villes commerciales et les zones de fret où ils ont compris que ces Africains pouvaient apporter une certaine prospérité économique à la ville ou à la province d’accueil, car ce sont des gens qui ont un pouvoir d’achat non négligeable et qui sont là depuis plusieurs années pour certains. Ainsi, on constate de plus en plus de mariages mixtes, en particulier entre les hommes africains et les femmes chinoises, car évidemment, il s’agit surtout d’immigration masculine.
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