Vitraulle Mboungou - Chaque année, nombreux sont les étudiants africains qui décident d’effectuer le grand saut en quittant leur continent pour aller poursuivre leurs études en Europe ou en Amérique et vivre ainsi les tourments de l’exil mais aussi les joies de la découverte et de l’enrichissement d’autres cultures. Mais une fois le diplôme en poche, vient l’heure de la grande décision pour ses étudiants qui doivent alors choisir entre rester et continuer leur vie dans le pays d’accueil ou repartir dans leur pays d’origine pour partager l’expertise ainsi acquise à l’étranger. Dilemme presque insurmontable pour ces nombreux jeunes Africains.
De ce choix dépendra véritablement leur carrière mais également leur mode de vie, leur relation avec la famille restée au pays, les nouveaux amis, voire campagnes ou compagnons dans le pays d’accueil, bref l’entourage au sens large du terme. Souvent, ce choix est également contrait par les lois sur l’immigration et la nationalité car s’ils décident de rester, ils doivent faire une demande d’immigration. Chose pas toujours aisée, en particulier en France, pays qui a énormément durci sa politique d’immigration depuis quelques années et où le fait d’y avoir étudié ne garantit aucunement le droit d’accéder au statut de « résident permanent ». Quelquefois, le choix de rester ou rentrer au pays s’impose pour des raisons financières, car nombreux sont les étudiants qui sont obligés de combiner études et travail pour survivre, faute de bourse ou de soutien financier familial.
En débarquant à l’étranger, beaucoup de ces jeunes Africains ont en tête d’apprendre puis rentrer pour valoriser les compétences acquises, car ils considèrent qu’ils seront plus utiles à l’Afrique qu’à leur pays d’accueil. Il s’agit par ailleurs pour eux d’un devoir envers leur famille et leur pays de naissance qui ont tant investi sur eux. Ils assimilent donc cela à une sorte de retour sur investissement. À la fin de leurs études, même si une partie d’entre eux changent d’avis, une large majorité reste absolument attachée à cette idée, estimant qu’il y a trop à faire dans leur pays ou sur le continent en général pour rester en Occident où leur expertise n’est pas toujours appréciée à leur juste valeur. Ainsi, c’est toujours plus gratifiant d’avoir une fonction où son travail est dignement valorisé et reconnu économiquement et socialement que d’être « vigile » et autres métiers précaires auxquels certains étudiants qui font le choix de rester, sont parfois assujettis.
En somme, pour les étudiants qui décident de rentrer, c’est une évidence de rentrer afin de mettre à profit ses connaissances et ses acquis au service de la mère patrie sans compter qu’il y a un appel de cette dernière qui est très fort chez beaucoup de ces étudiants. Mais au-delà de toutes ces considérations idéologiques il faut tout de même reconnaître que c’est souvent des intérêts personnels qui priment. Beaucoup font ce choix de rentrer qu’une fois qu’ils sont sûrs d’avoir une profession qui répond à leurs attentes dans leur pays d’origine.
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