Vitraulle Mboungou - Il ne se passe pas un jour sans qu’on évoque les nombreuses contributions des membres de la diaspora africaine envers leur pays d’origine. Qu’il s’agisse de transferts d’argent, d’investissements ou encore de création d’entreprises, les Africains de l’Extérieur contribuent énormément, grâce à leurs connaissances et expériences acquises dans leurs pays d’accueil, à la croissance économique du continent.
Depuis quelques années, nombreux sont ceux qui commencent à se lancer réellement dans les affaires dans les pays qui les ont vu naître, en créant notamment des entreprises et donc des emplois, stimulant ainsi encore plus l’innovation et le développement dont l’Afrique a tant besoin. Pendant longtemps, lorsqu’un des membres de la diaspora africaine installés en Occident, créait une entreprise dans son pays d’origine, il en confiait la gestion à une personne de sa famille ou à un ami. Et souvent, cette collaboration se soldait par des pertes financières voire la faillite de l’entreprise à cause, entre autres, du manque d’expérience des « cadres dirigeants » et donc forcément de l’absence de performance. Mais surtout, il lui était très difficile de garder un œil sur son entreprise depuis l’étranger.
Mais depuis, grâce à la mobilisation de certaines associations de la diaspora, à la prise de conscience des gouvernements africains et des institutions comme l’Union africaine, il est plus facile pour ces ressortissants africains d’Europe ou d’Amérique de créer une PME dans leur pays d’origine et de la gérer à distance sans trop de tracas. Par exemple, la réduction des coûts des téléphones portables et de l’internet leur permettent d’avoir quotidiennement un contact avec leur entreprise sans avoir à se déplacer en permanence. Même sur ce dernier point, beaucoup de progrès ont été faits dans la mesure où les tarifs aériens sont beaucoup moins chers qu’auparavant, ce qui permet ainsi à ces « hommes d’affaires » de se rendre plus facilement dans leur pays d’origine pour superviser personnellement leur entreprise. Par ailleurs, beaucoup de pays africains leur offrent désormais la possibilité d’ouvrir et de gérer des comptes bancaires en ligne afin qu’ils puissent surveiller étroitement leurs dépôts et soldes bancaires. Ainsi, tout est fait pour leur faciliter la gestion à distance de leur entreprise grâce, entre autres, aux progrès de la technologie de l’information et des télécommunications.
L’autre grande différence avec les anciens entrepreneurs africains de la diaspora réside dans le recrutement du personnel et l’achat des matériaux dont l’entreprise a besoin. En effet, fini l’époque où la gestion de l’entreprise était confiée à un parent et les fournitures envoyés d’Europe ou d’Amérique. Désormais, les entrepreneurs de la diaspora préfèrent gérer leurs affaires de manière plus formelle en recrutant du personnel hautement qualifié qui répond aux critères professionnels recherchés et acheter tout ce que l’entreprise a besoin sur place en utilisant les chaînes d’approvisionnement locales. Ainsi, non seulement, ils sont à l’origine de création directe d’emplois aussi bien des postes de cadre que d’employé ou ouvrier, mais également ils aident les entreprises locales à sauver leurs emplois et à en créer de nouveaux.
Mais surtout, le point le plus important de ce type d’entreprenariat -l’une des plus grandes motivations de ces entrepreneurs- est que les profits réalisés demeurent en Afrique où ils sont réinvestis dans des banques ou projets locaux au profit de l’économie africaine. Un des exemples les plus célèbres concernant l’entreprenariat de la diaspora reste Mo Ibrahim, le milliardaire d’origine soudanaise membre de la diaspora africaine de Grande Bretagne qui est le fondateur de la compagnie pionnière de téléphonie mobile Celtel, devenue depuis l’une des plus grandes entreprises africaines.
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