Vitraulle Mboungou - Chaque année, des milliers d’Africains diplômés quittent leur continent pour s’installer en Occident où les salaires et les conditions de vie leur semblent plus attractifs. C’est un fait. Beaucoup d’entre eux disposent des compétences en matière de santé, d’éducation et autres dont l’Afrique a cruellement besoin.
Et alors qu’il a largement investi dans leur formation, le continent ne bénéficie même pas de ces compétences. Pas de retour sur investissement donc pour ces pays africains qui ont du mal à organiser leur développement économique à partir des ressources humaines dont ils disposent. Ainsi, nombreux sont ceux qui tentent de compenser ce manque de travailleurs hautement qualifiés en ayant recours à de la main-d’œuvre internationale qu’ils rémunèrent très cher avec l’aide des institutions comme la Banque mondiale. Et si les retraités ou des hommes proches de la retraite, membres de la diaspora africaine présente en Occident, représentaient une des solutions? Pourquoi ces gouvernements africains ne feraient-ils pas appel à cette matière grise africaine présente dans les pays du Nord depuis plusieurs années voire décennies pour panser cette hémorragie des cerveaux sur le continent? Car il faut le reconnaître, il y a urgence.
N’est-ce pas là une option que les États africains devraient considérer dans le cadre du développement africain dont tout le monde parle? Il s’agirait ainsi de réinventer une coopération d’inspiration plus humaniste, différente de celle déjà existante entre le Nord-Sud. Une coopération dans laquelle des Africains, éloignés du continent depuis longtemps mais toujours soucieux de son bien-être, constitueraient l’un des centres de gravité de son développement.
Les données démographiques de certains pays occidentaux révèlent qu’une génération d’Africains de la diaspora ayant une expérience professionnelle hautement qualifiée est actuellement disponible après des années passées à travailler dans leurs pays d’accueil ou part bientôt à la retraite et cherche à continuer une vie productive, probablement au service de l’Afrique.
On peut dire que beaucoup de ces Africains de l’ancienne génération ont l’expérience et la motivation nécessaires pour mener à bien certains projets sur le continent. Cela d’autant plus que comme beaucoup de retraités, ils sont souvent à la recherche d’une occupation leur permettant de rester actifs afin de se sentir utile à la société. Alors, pourquoi pas dans celle qui les a vu naître et qui a investi sur eux? Sans oublier que de par leur riche expérience professionnelle en Occident, ils ont d’importantes leçons à transmettre aux générations plus jeunes. L’Afrique a donc besoin, plus que de l’aide internationale, de gouvernements capables de puiser dans cette base de ressources humaines et de mettre au point des programmes auxquels peuvent contribuer les retraités de la diaspora africaine. Mais avant d’en arriver là, les autorités africaines devraient peut-être commencer par mieux gérer les retraités déjà sur place.
Ces hommes et femmes envoyés trop tôt à la retraite. Rappelons que l’âge moyen de départ à la retraite en Afrique est de 55 ans. En effet, avant d’aller chercher les retraités de la diaspora, ces gouvernements feraient mieux d’utiliser ces expertises disponibles sur le continent. On peut ainsi citer l’exemple des médecins, de professeurs et enseignants envoyés à la retraite alors qu’ils ont encore la force et l’envie de poursuivre leur activité professionnelle, surtout quand on parle de telle ou telle région de l’Afrique qui ne disposerait que d’un médecin sur 10 000 habitants par exemple. Bref, la gestion des ressources humaines reste un épineux problème en Afrique.
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