Vitraulle Mboungou - Jamais au cours de l’histoire américaine, autant d’Africains n’ont émigré aux États-Unis que pendant ces deux dernières décennies. Tel était le constat en 2005, des données publiées par le bureau du recensement américain (Census). Il y a plus d’Africains arrivés dans le pays du début des années 1990 à 2005 que durant les deux siècles précédents.
Près de 50 000 Africains émigrent légalement aux États-Unis chaque année dont la majorité se dirige vers New York, Washington, Atlanta, Chicago, Los Angeles, Boston, etc., des villes où on dénombre une forte population d’Afro-américains. On retrouve dans cette immigration africaine longtemps dominée par les Africains anglophones en provenance de Kenya, du Nigeria ou encore du Ghana, une part de plus en plus importante d’Africains francophones pour qui les États-Unis sont aujourd’hui le nouvel eldorado. Devenus plus attrayants que les pays européens, ils bénéficient d’une très bonne image, celle d’un pays qui parvient à incorporer bien plus facilement les immigrants dans la société, quelle que soit leur origine.
Pour ces candidats à l’immigration, les États-Unis représentent ainsi le pays où tout est possible comparés aux pays européens par exemple. Cela d’autant plus qu’ils ont les exemples des premiers immigrés africains francophones qui, malgré le handicap de la langue, ont réussi à monter des petites entreprises viables. Beaucoup d’immigrés sénégalais, maliens, ivoiriens et autres, ont ainsi ouvert différents magasins de produits africains (épiceries, boutiques de vêtements, statuettes, etc.), de restaurants, de salons de coiffures, de cybercafés, de taxiphones, etc. dans les grandes métropoles américaines comme Washington, Philadelphie, Atlanta ou Détroit mais surtout dans le fameux quartier d’Harlem à New York communément appelé Little Senegal. Cependant, beaucoup d’entre eux exercent encore de « petits boulots » de vendeurs, agents de sécurité, gardiens de parking, et autres, alors même que certains sont très qualifiés.
Mais grâce à la loi américaine sur l’immigration de 1990 qui a introduit un programme de diversité plus connu sous le nom de la loterie de la « Green Card » et a entraîné une augmentation des visas de travail, les cadres et techniciens africains ont commencé eux aussi à immigrer en masse vers les États-Unis. Nombreux sont les Africains francophones qui ont ainsi bénéficié de ce programme de diversité. On retrouve parmi ceux-ci aussi bien des médecins camerounais, des infirmiers togolais dans les centres hospitaliers que des informaticiens ivoiriens ou des agents comptables congolais. En outre, beaucoup d’universités américaines ont noué, notamment dans le domaine scientifique, des partenariats avec des universités africaines, ce qui leur a permis de recruter de talentueux universitaires africains, chercheurs, professeurs et romanciers, etc. Les talents africains outre-Atlantique sont également représentés par les artistes ou sportifs qui ont fait le choix de vivre dans ce pays pour des raisons professionnelles, important ainsi la culture africaine dans la vie culturelle américaine.
Longtemps méconnu, le phénomène de l’immigration des Africains francophones aux États-Unis, tend à se faire connaître au fur et à mesure que ces derniers occupent une place importante dans la société américaine.
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