Vitraulle Mboungou - L’Occident regorge d’immigrants africains hautement qualifiés, conséquence de la fuite de cerveaux. Une étude américaine (US Census Bureau) de 1997 a montré que ceux résidant aux États-Unis étaient en moyenne plus instruits que les immigrants des autres groupes. Ils ont en général, le niveau d’études le plus élevé. Ainsi, 48,9% d’immigrants africains sont détenteurs d’un diplôme de License suivis des Asiatiques avec 44,6%, des Américains d’origine européenne avec 24,6%, des Afro-Américains avec 13,3% et des Américains hispanophones avec 9%. Pourtant, malgré ces statistiques aux résultats incontestables, beaucoup de ces immigrés exercent un métier largement en dessous de leurs qualifications, souvent pour des raisons de discrimination à l’embauche.
Très souvent, les employeurs ne reconnaissent pas leurs diplômes acquis pour la plupart à l’étranger, alors même qu’ils ont obtenu leur visa en raison de leurs qualifications. Il n’est donc pas rare de voir des membres de la diaspora africaine installés aux États-Unis ou au Canada, ayant une formation de médecins, d’ingénieurs, etc., être contraints d’exercer des emplois sous-qualifiés pour subvenir à leurs besoins ou faire vivre leurs familles pour ceux qui ont femmes et enfants. Ils n’ont pas d’autres choix. Pour les pères en particulier, cette situation est encore plus difficile, car il leur est insupportable de se voir ainsi « humiliés, rabaissés » face à leur famille à qui ils ont sûrement vendu le fameux rêve américain.
Les cas les plus reconnus et cités sont les fameux chauffeurs de taxi new-yorkais et les vendeurs d’objets africains qui sillonnent les grandes villes touristiques américaines ou européennes. Par « manque d’expérience professionnelle » dans le pays d’accueil, nombreux sont donc les Africains qui acceptent malgré eux d’exercer ces métiers qu’ils ont pris l’habitude d’appeler « job alimentaires », sans doute pour garder une lueur d’espoir et ne pas sombrer dans le désespoir. C’est d’autant plus triste et dommage que les États africains qui ont énormément investi pour leur formation n’ont pas de « retour sur investissement » si l’on peut dire puisqu’une fois les études universitaires terminées, ces Africains partent ainsi pour l’Occident dans l’espoir d’une meilleure vie, les privant ainsi d’une main-d’œuvre hautement qualifiée. Ce qui constitue donc un énorme gâchis car ni le pays d’origine, ni le pays d’accueil ne bénéficient de leur qualification.
Il existe malgré tout des immigrants africains qui vivent de leur métier en Occident, la plupart du temps parce qu’ils ont accepté de retourner à l’école pour valider leurs acquis. On trouve ainsi des enseignants ou des professeurs d’université, des avocats, des ingénieurs qui commencent peu à peu au fil des années, à intégrer le marché de l’emploi de ces pays d’accueil longtemps réticents à leurs donner leur chance. Cependant, même lorsqu’ils réussissent à obtenir un poste dans leur domaine de qualification, rare sont ceux qui ont un poste de direction ou à responsabilité. Ils doivent souvent travailler sous la supervision de quelqu’un d’autres, un local, parfois même moins talentueux ou qualifié.
Ce qui nous amène à nous interroger sur la nécessité de rester dans un pays où votre potentiel n’est reconnu ou apprécié à sa juste valeur. Choix déchirant.
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