Vitraulle Mboungou - Les Africains francophones sont devenus, en l’espace de quelques années, une sorte d’arme pour les Canadiens francophones dans leurs efforts pour contrer la place de plus en plus prépondérante des Canadiens anglophones. Minoritaires et isolés hors de la province québécoise et face à l’afflux d’immigrants anglophones, les Canadiens francophones ont donc décidé de réagir pour empêcher leur disparition. Ainsi, cédant à leur pression, les autorités encouragent depuis la venue d’immigrés francophones, notamment africains dans les provinces anglophones et peu peuplées, avec des politiques volontaristes et incitatives. Par exemple, dans des villes comme Winnipeg dans le Manitoba (centre du pays), les migrants francophones sont pris en charge dès leur descente de l’avion. Tout un panel de services gratuits est mis en place pour faciliter leur intégration dans la province. Il existe ainsi des associations chargées de les aider dans leurs démarches administratives, leur recherche d’emploi et de logement, l’inscription de leurs enfants à l’école, etc.
Par ailleurs, conscientes du fait qu’une grande partie de la population francophone mondiale est issue du continent africain (où le désir d’immigrer en Occident est très fort), beaucoup d’universités canadiennes vont prospecter là-bas afin d’attirer les étudiants contents de la possibilité qui leur est ainsi offerte d’étudier en français dans un milieu anglophone. C’est le cas par exemple du collège Glendon intégré à l’Université de Toronto en Ontario ou encore de celui de Saint-Boniface à Winnipeg où 80% des étudiants sont africains. Ce collège a en effet mis en place un programme de recrutement d’étudiants marocains, tunisiens, ivoiriens, sénégalais, mauritaniens, etc.
Une fois ces immigrants africains de langue française intégrés dans la société canadienne, tout est fait pour les inciter à rester dans le pays car si le Canada, est en Amérique du nord, l’une des destinations préférées de beaucoup d’Africains francophones, nombreux sont ceux qui décident d’aller s’installer aux États-Unis après l’obtention de la citoyenneté canadienne. En effet, au bout de deux, trois voire cinq ans à vivre dans des villes très peu peuplées et à supporter les hivers canadiens tant redoutés, une majorité d’entre eux se dirigent vers des endroits plus urbanisés et où les opportunités professionnelles sont plus nombreuses. Cet exode constitue ainsi un nouveau défi aux Canadiens francophones dans leur lutte de préserver l’autre langue officielle du pays qui est le français. Il ne suffit donc plus à ces Canadiens francophones, d’amener les Africains francophones à immigrer dans leur province, ils doivent également désormais, se battre pour qu’ils y restent longtemps.
Vitraulle Mboungou
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