Les progrès dans le domaine de la santé dans les pays dits développés, au cours des 50 dernières années, ont été remarquables et indiscutables. Ainsi, l’espérance de vie qui a augmenté d’une dizaine d’années depuis les années 60 constitue une des conséquences de ces progrès. Les personnes qui naissent aujourd’hui peuvent par exemple espérer arriver en bonne forme à leur 70e voire 80e anniversaire. Mais vivre plus longtemps a un prix. Et ce prix devient de plus en plus élevé dans les pays occidentaux. C’est pourquoi, il y a de nos jours de nombreuses personnes qui font le déplacement dans les pays dits émergents qui ont élaboré une offre de soins médicaux hautement spécialisée et de grande qualité à des coûts réduits défiant toute concurrence.
Ce phénomène de tourisme médical devenu planétaire a donc engendré des voyageurs d’un genre nouveau. Ces patients, incapables d’obtenir des soins de santé dans leur pays de résidence à cause de leurs coûts exorbitants ou des longues listes d’attentes pour leur accès ou encore d’un défaut de couverture des prestations par les assurances maladie, font ainsi de plus en plus le choix de franchir le pas en se rendant dans ces pays « en voie de développement » afin de se faire soigner dans des hôpitaux, généralement accrédités selon des normes européennes ou américaines.
Selon une étude de l’OCDE, avant la crise financière de 2008, les dépenses de santé par habitant augmentaient deux à trois fois plus vite que le reste de l’économie dans les plus pays industrialisés. Elles ont ainsi augmenté de 50% en termes réels au cours de cette dernière décennie et représentent même plus de 10% de l’économie de sept pays membres de cette organisation. Beaucoup de patients dont la couverture santé était assurée par les entreprises avant la crise ont ainsi pâti du contexte économique tandis que l’offre de soins s’est parallèlement améliorée de manière spectaculaire dans de nombreux pays émergents. Il est donc tout à fait normal que les prix imbattables du sous-continent et ses services médicaux haut de gamme attirent des flots de patients internationaux pour qui le bénéfice est indéniable. En effet, selon les soins, les prix proposés par ces pays s’avèrent souvent entre un tiers et deux fois moins chers que ceux pratiqués dans les pays occidentaux.
Les raisons qui motivent le tourisme médical actuel sont donc essentiellement de deux ordres : des patients insuffisamment assurés et des soins de santé trop onéreux pour leur situation économique. Cependant, la limitation de l’accès à certains actes médicaux tels que l’avortement, la stérilisation ou la chirurgie esthétique mais aussi la forte démocratisation du voyage devenu très accessible même pour les long-courriers, constitue également un élément clé pour ces nouveaux patients du XXIe siècle. Les projections de certains spécialistes montrent que près de 20 millions de touristes médicaux pourraient franchir les frontières dès 2015.



























