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Loi sur l’énergie et le climat : Obama à la recherche d’un consensus

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obamaLa promotion des énergies vertes est un cheval de bataille pour Barack Obama. Sa campagne électorale reposait d’ailleurs en grande partie sur son programme New Energy For America, qui vise notamment à diminuer la dépendance des États-Unis vis-à-vis du pétrole et freiner le changement climatique global.

D’ailleurs, on se rappellera que les énergies propres et les mesures écologiques à entreprendre pour réduire les émissions de CO2 étaient au centre de son premier discours prononcé devant le Congrès américain en février 2009.

Le 21 mai 2009, les membres de la commission de l’Énergie et du Commerce ont approuvé le texte de l’American Clean Energy and Security Act qui vise à promouvoir des sources d’énergie renouvelable, des technologies de captage et de stockage du carbone, des véhicules à électricité propre et des technologies de réseau intelligent et de transport d’électricité. L’objectif de la législation est de réduire la pollution due au réchauffement planétaire de 17 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2020, de 42 % d’ici 2030 et de 83 % d’ici 2050.

Or, depuis l’automne 2009, le projet de 1 000 pages est bloqué au Sénat et a été retravaillé. D’un côté, les démocrates veulent en grande majorité instaurer un système de marché de droits d’émissions dit « cap and trade » basé sur le modèle de l’Union européenne dans lequel ces droits de pollution seraient soit vendus, soit accordés gratuitement pour les industries les plus vulnérables. De l’autre, il y les républicains, contre ce système, qui voudraient donner une plus grande place à l’énergie nucléaire dans le cadre du projet de loi.

Le 31 mars dernier, Obama a annoncé la prospection pétrolière et gazière au large des côtes des États-Unis, un choix « difficile » motivé par la nécessité d’assurer l’indépendance énergétique des États-Unis et la création d’emplois, a-t-il alors dit. Une décision stratégique selon plusieurs pour tempérer les républicains et faire éventuellement mieux passer au Sénat son projet de Loi sur l’énergie et le climat.

Voilà qu’en mai dernier, en pleine marée noire, l’American Power Act a été déposé par le démocrate John Kerry et son collègue indépendant Joe Lieberman. Le projet de Loi se développe autour de trois axes : transformer l’économie américaine afin de l’orienter vers l’efficacité énergétique et les emplois verts, parvenir à l’indépendance énergétique des États-Unis, améliorer la qualité de l’air. Il remet également sur la table la réduction des émissions de gaz à effet de serre des États-Unis de 17% d’ici à 2020 sur le niveau de 2005 et le principe de « cap and trade ».

Obama a également profité de ce contexte pour revenir à la charge avec son désir de transition vers les énergies renouvelables. « Le temps d’adopter les énergies propres est venu », a-t-il lancé il y a 15 jours lors d’un discours solennel consacré à la catastrophe.

Dans cette optique, il a tenu hier à la Maison Blanche une réunion des sénateurs afin de recueillir les suggestions des deux bords, soit 15 démocrates, sept républicains et un indépendant. Car le Sénat est profondément divisé sur la question bien au-delà de la partisannerie. Non seulement le président doit jongler avec des républicains plutôt pro-pétrole qui possèdent une minorité de blocage, mais il doit aussi composer avec certains démocrates représentant des États producteurs de pétrole ou de charbon qui sont réticents à une imposition d’une taxe sur les émissions de carbone, surtout en ces temps de chômage et de crise financière pour les États-Unis.

Selon ce que rapporte l’AFP, M. Lieberman a affirmé à sa sortie de la réunion que « certains de nos collègues qui étaient jusqu'ici réticents, au moins en public », à une telle idée, « ont dit qu'ils étaient prêts à en discuter une introduction limitée dans ce projet ». « Pour moi, c'est une percée que le sénateur Kerry et moi-même voulons exploiter », a-t-il ajouté. La Maison Blanche a affirmé pour sa part qu’Obama restait « confiant » sur un éventuel terrain d’entente.

Les mentalités sont longues à changer et Barack Obama le sait. La patience est donc de mise. S’il est parvenu à remporter la longue bataille de la santé, qui sait où sa ténacité pourrait bien le mener en matière d’énergies vertes…



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