Des militants anti-amiante et des parlementaires canadiens ont appelé mercredi le gouvernement à interdire l'extraction et la vente à l'étranger de ce minerai, dont le Canada est l'un des principaux producteurs.
L'amiante est "le plus grand tueur industriel que le monde ait jamais connu", a affirmé le député d'opposition Pat Martin, ancien mineur d'amiante, devant la presse à Ottawa.
"C'est une grande honte pour le Canada d'être l'un des plus grands producteurs et exportateurs d'amiante dans le monde. (...) Nous exportons la misère humaine à une échelle monumentale", a-t-il ajouté.
Le ministre canadien des Ressources naturelles Christian Paradis a rejeté l'appel, déclarant que le Canada a toujours promu "un usage contrôlé et sans danger du chrysotile" tant sur son territoire qu'à l'étranger.
"Toutes les études scientifiques récentes montrent que les fibres du chrysotile, les seules fibres d'amiante produites et exportées par le Canada, peuvent être utilisées sans danger dans des conditions bien contrôlées", a-t-il déclaré à l'AFP.
L'amiante est un minerai dont plusieurs types se trouvent dans les formations rocheuses du monde entier. Comme ses fibres sont résistantes et non-inflammables, elle était largement utilisée au Canada dans les fours industriels et pour l'isolation de bâtiments jusque dans les années 70.
Tant qu'elle n'est pas à l'air libre, elle est inoffensive, mais ses fibres, lorsqu'elles sont inhalées, provoquent des lésions aux poumons et des maladies, dont le cancer.
La production canadienne, concentrée au Québec, est exportée vers les pays en développement et les militants craignent que les mesures de précaution n'y soient pas suffisantes.
"Je demande (au gouvernement) d'arrêter d'extraire et de vendre ce produit", a dit Sandra Kinart, une militante dont le mari est mort d'une maladie pulmonaire liée à l'amiante.
Un expert et militant indien, Tushar Kant Joshi, a affirmé que les exportations d'amiante "ont apporté peu à la santé économique du Canada" mais ont sérieusement nui à la santé publique à l'étranger.
Si le Canada interdit les exportations, d'autres exportateurs tels que le Zimbabwe, la Russie ou le Brésil devront en tenir compte, a-t-il dit par ailleurs au quotidien Globe and Mail.
Les exportations canadiennes d'amiante, qui ont atteint un niveau record en 1979, avec 652 millions de dollars, sont tombées ces dernières années à moins de cent millions, selon l'institut national de la statistique.


























