Une fois de plus, le géant américain de l’internet, Google, fait l’objet d’une plainte en Europe de la part d’une compagnie française, 1PlusV. Créatrice d’une série de moteurs de recherche en ligne spécialisés, appelés aussi « moteurs verticaux », cette dernière accuse Google d’abuser de sa position incontournable sur le Web pour évincer ses concurrents du marché et de dicter les règles du jeu.
Dans cette « plainte complémentaire » visant à signaler à la Commission des « preuves supplémentaires » et de « nouveaux abus », la société française dénonce « une stratégie d’éviction envers les moteurs de recherche verticaux » que le groupe américain ne fait pas apparaître dans les résultats de son propre moteur de recherche, empêchant ainsi ces derniers de se développer. « Tous les moteurs verticaux sur la première page (de résultats de Google pour une recherche donnée) sont des moteurs verticaux appartenant à Google », a souligné le fondateur et président de 1PlusV, Bruno Guillard, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, Belgique. Or, « si vous n’êtes pas sur la première page de résultats de recherche de Google, vous n’existez pas », a ajouté Mr Guillard qui évoque un préjudice de « plusieurs millions d’euros » pour sa compagnie avec la perte de contrats très importants.
Le président de 1PlusV accuse également Google d’avoir agi ainsi en « représailles » suite à la première plainte déposée par l’un des moteurs spécialisés ejustice.fr. Selon lui, le géant américain aurait procédé à des déréférencements massifs en supprimant des milliers de pages Web de son groupe dans les résultats de recherche. En effet, ces nouvelles plaintes contre Google viennent compléter celles déjà déposées par ejustice.fr en février 2010 auprès de la Commission européenne qui a d’ailleurs décidé suite à cela d’ouvrir une enquête formelle en novembre dernier. Le site français avait été rejoint par deux comparateurs de prix, Foundem et Ciao (filiale de Microsoft) et Euro-Cities, un groupe spécialisé dans la cartographie, qui dénonçaient aussi les pratiques commerciales du groupe américain au niveau de la publicité. Ce dernier a répondu par le biais de son porte-parole qu’il « a toujours essayé de bien faire les choses pour (ses) utilisateurs », tout en reconnaissant « qu’il y a toujours de la marge pour s’améliorer » et en assurant qu’il allait « étroitement » coopérer avec l’enquête de la Commission européenne.
Mais, ces sociétés ne sont pas les seules à l’incriminer. En effet, depuis quelques années, Google est la cible de plusieurs critiques dans les milieux professionnels de la publicité et des éditeurs de contenus. Beaucoup de compagnies du secteur lui reprochent entre autres de profiter de sa position de leader pour décider du niveau de prix de la publicité en ligne et de s’octroyer injustement de la valeur en s’imposant comme le point de passage obligé entre les internautes et les sites éditoriaux.


























