Syncrude, une compagnie pétrolière canadienne, vient d’être condamnée à verser une amende record de 3 millions de dollars pour sa responsabilité dans la mort en 2008, de 1600 canards qui s’étaient posés sur un de ses bassins de décantation utilisé pour l’exploitation des sables bitumineux.
Elle a en effet été jugée coupable de ne pas avoir fait le nécessaire pour empêcher les oiseaux migrateurs de se poser sur ce lac artificiel, situé à 40 km de Fort McMurray, dans le nord-est de la province d’Alberta (ouest du Canada). « Cette sentence reflète la gravité de ce qui s’est produit. Nous regrettons sincèrement ce qui s’est produit et avons apporté des changements à notre système de protection des sauvagines », a affirmé Scott Sullivan, le président du groupe à l’annonce de la condamnation. Le ministre de l’Environnement de l’Alberta, Rob Renner, a pour sa part assuré vouloir continuer à « tenir responsables tous les exploitants à travers plusieurs outils, dont, si nécessaire, des poursuites judiciaires » avant d’ajouter : « Il s’agit de l’amende environnementale la plus importante de l’histoire d’Alberta ».
On se souvient que les écologistes et autres adversaires des sables bitumeux s’étaient servi au moment des faits, du vif émoi créé au Canada et dans le monde par les images de ces oiseaux morts mazoutés, pour dénoncer cette industrie et le désastre environnemental qui en résulte. Pour séparer le pétrole brut du sable dans lequel il est mélangé, les compagnies pétrolières utilisent de grosses quantités d’eau qui, une fois souillées, sont déposées dans d’immenses lacs artificiels. C’est ce système que les écologistes et les riverains dénoncent, en l’accusant d’altérer la qualité de l’eau et d’attenter à la faune, en particulier aux poissons ainsi qu’à la santé des habitants qui vivent en grande majorité de la pêche, principale ressource économique locale. Tandis que le gouvernement provincial et l’industrie pétrolière ont jusqu’alors soutenu que la mauvaise qualité des eaux de ces lacs était due à des facteurs naturels. Ainsi, ils ont toujours mis en doute les conclusions des scientifiques, sans doute dans le but de préserver les intérêts économiques de l’Alberta. En effet, cœur de l’industrie pétrolière canadienne, cette province fournit à elle seule 70% du pétrole et du gaz naturel exploité par le pays et héberge la deuxième réserve mondiale de pétrole brut derrière l’Arabie Saoudite.
Cette condamnation, en appuyant ainsi le point de vue des militants écologistes, pourrait conditionner l’avenir de cette industrie déjà fortement critiquée ces derniers temps, notamment avec la récente marée noire dans le Golfe du Mexique imputée au pétrolier britannique BP.


























