Une fois de plus, la tension est montée entre la Chine et les États-Unis à propos d’une enquête menée par le Bureau du Représentant américain au commerce sur les énergies « vertes ». À quelques semaines du Sommet crucial sur le climat de Cancun (29 novembre-10 décembre), les autorités américaines ont annoncé, ce 15 octobre, avoir ouvert une enquête afin de vérifier que Pékin ne subventionnait pas de manière illégale ses entreprises du secteur des énergies « vertes ».
Cette enquête fait suite à la demande d’un des plus grands syndicats américains, le Syndicat unifié de la métallurgie (USW) le 9 octobre dernier, affirmant que le gouvernement chinois contrevient aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), car il aurait accordé plus de 216 milliards de dollars de subventions aux fabricants de technologies visant à réduire les émissions de CO2. L’USW accuse ainsi les Chinois d’instaurer, avec cette somme qui représente plus du double de ce que les États-Unis dépensent dans ce secteur et près de la moitié des subventions accordées à ce secteur au niveau mondial, une concurrence déloyale. Toujours selon ce syndicat, ces subventions donnent aux producteurs chinois un avantage injuste car elles les rendent plus compétitives sur le marché international. Le représentant américain au Commerce extérieur, Ron Kirk, a affirmé prendre les accusations de l’USW très au sérieux. « Compte tenu du grand nombre des allégations et de la documentation extensive qui les accompagne, j’ai demandé à mon équipe d’utiliser les 90 jours que lui accorde notre statut pour examiner et vérifier avec attention les accusations de l’USW », a-t-il ajouté. Si cette enquête américaine parvient à prouver que la Chine a effectivement accordé des subventions illégales, les États-Unis pourront saisir l’OMC et demander des sanctions commerciales contre Pékin.
La réaction des autorités chinoises ne s’est évidemment pas fait attendre. Dès le lendemain de l’annonce, le ministère chinois du Commerce a rejeté ces allégations en affirmant qu’elles étaient « dénuées de fondement et irresponsables » et accusant à son tour, Washington de lui-même financer 2300 programmes liés aux énergies vertes. Mais la réaction la plus virulente est venue du responsable du bureau national chinois de l’énergie, Zhang Guobao, pour qui cette enquête était avant tout destinée à l’opinion américaine elle-même, avant les élections de mi-mandat en novembre. « Si j’en juge en fonction des procédures, je crois que (les politiciens américains) veulent surtout des voix », a-t-il affirmé avant d’ajouter : « Les États-Unis ont accordé 4,6 milliards de dollars de subventions en espèces aux entreprises qui opèrent dans les nouvelles énergies au cours des neuf premiers mois de 2010, dont trois milliards pour l’énergie éolienne ». Il semblerait que cette enquête risque de se retourner contre les États-Unis, contraints de révéler leur propre soutien aux sociétés américaines du secteur, a souligné M. Guobao. Pour lui, Washington « ne peut pas gagner cette dispute économique ». Cette nouvelle querelle vient s’ajouter aux accusations des autorités américaines envers la politique monétaire chinoise. Au fur et à mesure qu’approche le grand Sommet de Cancun, les deux pays semblent plus que jamais en désaccord en matière de lutte contre le réchauffement climatique.
Vitraulle Mboungou
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