Le Nord et le Sud-Soudan peuvent chacun augmenter leurs revenus pétroliers s'ils gèrent avec sagesse la question du partage de l'or noir, mais peuvent aussi y perdre en cas de retour à la confrontation, a averti mardi à Khartoum le chef de la diplomatie norvégienne.
"D'un point de vue énergétique, il est possible que les deux côtés enregistrent une décroissance significative s'ils gèrent (la question du partage des ressources pétrolières) imprudemment. Mais il pourrait aussi y avoir une croissance si la question est abordée avec sagesse", a dit Jonas Gahr Store à des journalistes à Khartoum.
Avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, la Norvège est l'un des trois membres de la troïka, pays qui suivent de près la situation politique du plus grand pays d'Afrique, dont la mise en oeuvre de l'accord de paix globale (CPA) ayant mis fin en 2005 à 21 ans de guerre civile entre le Nord et le Sud.
Cet accord prévoit un référendum début janvier sur la sécession du Sud-Soudan, région sous-développée mais gorgée de ressources pétrolières. La question du partage des ressources pétrolières est l'un des sujets clés entre les deux parties à l'approche du scrutin.
Le Soudan compte des ressources pétrolières estimées à environ six milliards de barils, situées en grande partie dans des régions à la lisière du Nord et du Sud.
La Norvège travaille depuis quatre ans sur une évaluation "des options et des opportunités" afin de "savoir comment gérer les ressources pétrolières du Soudan", a souligné M. Store, dont la visite est la première depuis 35 ans au Soudan d'un ministre norvégien des affaires étrangères.
"Nous savons qu'il y a des ressources dans le Nord et le Sud... S'il y a un conflit au milieu, la capacité des deux côtés d'aller de l'avant et d'explorer de nouvelles ressources va être réduite comme peau de chagrin. Mais si nous créons une atmosphère de création de richesses et de partage en tenant compte des leçons de l'histoire, alors nous pouvons grandement maximiser" la ressource, a fait valoir M. Store.
Ce dernier a offert aux autorités du Nord et du Sud-Soudan l'expertise norvégienne en matière d'extraction pétrolière, mais aussi de gestion des différends sur le partage des ressources.
Oslo a trouvé en avril un accord sur le tracé de sa frontière avec la Russie dans la mer de Barents, mettant un terme à un différend de 40 ans.


























