La mort du leader déchu Mouammar Kadhafi devrait faciliter la reprise de la production de pétrole en Libye, important producteur d'or noir, même si tous les obstacles n'ont pas encore été levés, estiment des analystes interrogés par l'AFP.
Le pays méditerranéen produisait environ 1,6 million de baril par jour avant l'éclatement en février du soulèvement qui a mené à la chute puis à la mort de Kadhafi et qui a totalement paralysé l'activité pétrolière.
Après la chute de Tripoli en août, et la prise de pouvoir par le Conseil national de transition (CNT), la production a repris progressivement et dépasse désormais les 350.000 barils par jour.
La mort de Mouammar Kadhafi "a peu d'effet sur les prix du pétrole aujourd'hui, mais cela enlève un des facteurs de risque qui pèsent sur le redémarrage progressif de la production libyenne", ont expliqué les économistes de JP Morgan dans une note.
La véritable menace qui pesait sur le pétrole libyen était celle de voir le colonel Kadhafi lancer "une guérilla comme en Irak, ce qui aurait gêné la remise sur pied des infrastructures et la hausse de la production", selon JPMorgan.
Avec leur chef décédé, les partisans de celui qui a dirigé la Libye pendant 42 ans "pourraient abandonner leur cause" et déposer les armes, a abondé Barclay's.
"Cela simplifiera la venue des sociétés pétrolières internationales dans les zones (productrices) qui étaient jugées très volatiles en raison de la présence des pro-Kadhafi", souligne la banque britannique.
Barclays et JPMorgan ont cependant pointé l'insécurité persistante en Libye ainsi que les divisions au sein de l'instance dirigeante provisoire, le CNT.
"Des défis graves demeurent en Libye en terme de sécurité et pourraient gêner les efforts pour faire repartir la production", avertit Barclays, rappelant que des mois de combats et de bombardements ont permis le pillage de dépôts de munitions.
"Les divisions au sein du CNT suggèrent que des risques d'obstacles politiques et sécuritaires pour la croissance de la production libyenne n'ont pas été levés totalement", conclut JPMorgan.
Lépold Nséké - AFP
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