Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Afrique est depuis plusieurs décennies le continent le plus dépendant du point de vue de l’alimentation avec une proportion de 30% de la population qui souffre de la faim et de la malnutrition. Conséquences des mauvaises récoltes souvent liées à l’irrégularité des saisons pluviales dont dépendent les productions agricoles dans beaucoup de régions africaines, et de l’explosion au niveau mondial des prix de certains produits alimentaires d’importation comme les céréales. L’Afrique consacre donc chaque année 33 milliards de dollars pour l’importation des produits alimentaires.
La Tunisie, par exemple, a vu depuis 2006, du fait de l’augmentation des prix des denrées alimentaires de base, sa balance commerciale agricole baisser nettement, la demande intérieure pour certains produits tels que les céréales, la viande, le lait, les pommes de terre, le sucre et autres, n’étant pas entièrement couverte par la production nationale, sujette à des aléas climatiques. Par conséquent, même si les besoins en lait et viande sont couverts de manière relativement stable (bien que les coûts de production aient subi une nette augmentation), ce pays reste très dépendant en ce qui concerne les céréales qui représentent 40% des importations alimentaires du pays. Une dépendance qui a lourdement pesé dans le déficit de la balance agricole ces deux dernières années. Et pourtant, la Tunisie a été classée par la FAO comme l’un des pays du Maghreb et du Moyen-Orient les mieux lotis au niveau de la sécurité alimentaire, avec un taux de couverture globale des besoins alimentaires de près de 80 %, un taux de prévalence de la sous-alimentation inférieur à 2% et une consommation moyenne par personne de 3 280 kilocalories par jour (largement au-dessus de l’apport journalier recommandé, qui est de 2 000 à 2 500 kcal/jour).
Toujours en Afrique du Nord, l’Algérie avec 75% de ses besoins alimentaires assurés par les importations, est aujourd’hui selon Ubifrance (Agence française pour le développement international des entreprises), le premier importateur africain de denrées alimentaires, notamment le lait. Il est en effet le plus important consommateur de lait dans le Maghreb avec en 2010, une consommation moyenne estimée à 110 litres de lait par habitant et par an. Le rapport d’Ubifrance indique que l’insuffisance de la production agricole algérienne associée à une demande massive et croissante de produits agroalimentaires, fait donc de l’Algérie un pays structurellement importateur. Par ailleurs, ce rapport souligne que le secteur des biens alimentaires dans ce pays représentait en 2008 20% (soit une augmentation de 55% par rapport à 2007 contre 27% l’année précédente) de la valeur de l’ensemble des importations pour un montant de 7,7 milliards de dollars.
Pour ce qui est de l’Afrique subsaharienne, la facture des importations de produits alimentaires dans certains pays est selon la FAO très élevée par rapport au produit intérieur brut (PIB). Ainsi, pendant les périodes de hausse des prix des produits de base durant ces dernières années, ces pays dépensaient en moyenne jusqu’à 5 ou 6 % de leur PIB pour importer des denrées alimentaires. Pour certains pays comme la Sierra Leone, la proportion était même beaucoup plus forte. Cette dernière, par exemple, lors des pics enregistrés à la fin des années 90, a dû consacrer 22 à 24 % de son PIB aux importations commerciales d’aliments contre 11 à 12 % pour la Somalie.
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