Contribution majeure à la lutte contre la famine, les « révolutions vertes » entamées dans les années 60 ont révélé les moteurs de la dynamique agro-industrielle, mamelle de plusieurs industries. Plusieurs pays sont aujourd’hui reconnus pour fournir l’essentiel de la production de base des principaux éléments dont l’ordre en importance est : le riz, le maïs, le blé, l’orge et le sorgho. Les agrumes et les légumineuses, essentielles à l’équilibre alimentaire, complètent le tableau.
Les céréales, principaux produits agricoles impliqués dans la chaîne de consommation, représentent les aliments fondamentaux des ¾ de la population mondiale. Selon le Conseil international des céréales, le blé, 649 millions de tonnes en 2011, le maïs, 808 millions de tonnes et le riz, 450 millions de tonnes, coiffent les stocks et constituent 45% des calories alimentaires des humains. Il est à préciser que quelques uns de ces produits, comme le maïs ou le blé, sont également destinés à l’alimentation animale sous forme de farines, de fourrages ou de paille.
En termes stricts de production, ce sont les mêmes pays qui dominent les classements depuis quelques décennies, malgré la montée de quelques nations qui viennent en troubler le portrait. Le riz est principalement exploité en Asie (91% de la production mondiale), le reste se répartissant entre les Amériques (5%), l’Afrique (3%) et le reste du monde (1%). La production de maïs est plutôt largement dominée à 40% par les États-Unis. La Chine pèse pour 20% dans ce chiffre et l’Europe clôt la liste en importance avec près de 35%. Pour le blé, les estimations de la FAO mettent dans l’ordre la Chine (16,9%), l’Inde (11,8%), la Russie (9,1%) et les États-Unis (8,8%) dans la production mondiale.
L’orge compte essentiellement dans la fabrication de boissons et est principalement produite dans l’Europe des 27 (40%), en Russie, au Canada, en Ukraine et en Australie. Le sorgho, très prisé par les populations africaines et servant à divers niveaux de l’industrie agro-alimentaire, est produit à 57% sur le continent et en Asie à 37%.
À ces productions, il faudrait rajouter les agrumes qui sont également des sources non négligeables d’apport alimentaire. Dans ce cas spécifique, les grands producteurs ne sont pas nécessairement les exportateurs les plus importants. Si le Brésil et les pays du bassin méditerranéen dominent le tableau d’ensemble avec 20% chacun, les États-Unis suivent avec 14% et la Chine à 10%. Et dans un secteur soumis à une faible diversification, les zones se concentrant sur des espèces précises, les principaux exportateurs sont paradoxalement ceux qui transforment une production mondiale qui atteint aujourd’hui les 100 millions de tonnes. Quand on sait que les agrumes frais représentent 9 à 10 millions de tonnes, il est facile de constater l’importance de l’industrie de deuxième niveau qui assure également une grande part des revenus du secteur.
Des autres cultures commerciales, on mentionnera obligatoirement le café et le cacao dont la production concerne essentiellement les zones tropicales. En 2008, le Brésil (35%), le Viêt-Nam (12%), la Colombie (10%) et l’Indonésie (7%) dominaient le classement mondial d’une production déclarée de près de 3 millions de tonnes. Et du côté de l’or brun, le cacao de toutes les spéculations, on a pour chef de file la Côte d’Ivoire (34,5%) suivi du Ghana (18,1%), de l’Indonésie (14,3%) et du Nigéria (12%) pour une production mondiale annuelle qui rôde autour des 6 millions de tonnes.
L’importance de ces greniers du monde et la concentration de certains produits provoquent évidemment des déséquilibres séquentiels puisque soumis à la spéculation boursière. Cette dernière forçant à des phénomènes particuliers qui vont de la destruction pure et simple de stocks afin de garantir des revenus à la hausse, à la rétention des exportations pour favoriser les marchés et les besoins intérieurs. Un jeu auquel s’habituent de plus en plus de nombreuses nations émergentes mais qui plombe encore les fragiles économies des pays les moins avancés.
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