Le Burkina Faso a inauguré ce jeudi, dans le nord du pays, sa plus grande mine d’or. Située à près de 330 km au nord-est de la capitale Ouagadougou et implantée dans le Sahel burkinabè, à une trentaine de km de la frontière nigérienne, la mine d’Essakane devient la sixième mine d’or à entrer en exploitation dans le pays. Avec des ressources estimées à 120 tonnes, elle est la plus grande du pays.
Après Taparko dans la région du Centre-Nord, Youga dans la région du Centre-Est, Mana dans la Boucle du Mouhoun, Kalsaka dans le Nord, Inata dans le Sahel, la mine d’Essakane est ainsi la sixième mine d’or du pays à passer à la phase d’exploitation sous la direction des Canadiens. Il s’agit à la fois d’une bonne et mauvaise nouvelle pour « le pays des hommes intègres ». En effet, selon les prévisions des autorités burkinabés, ce gisement d’or pour lequel les Canadiens ont investi 450 millions de dollars pour sa construction, devrait rapporter au trésor public durant la prochaine décennie, un peu plus de 500 millions de dollars en royalties, impôts et taxes diverses, en plus des multiples opportunités qu’il va offrir comme « la création de 1 300 emplois directs et 300 emplois indirects, la construction d’écoles (deux écoles avec douze logements et douze latrines), de 1 666 logements et 165 boutiques pour la réinstallation des populations déplacées ». De plus, avec la découverte et l’exploitation de ces différents gisements, l’or est devenu en espace d’un an, le premier produit d’exportation du Burkina Faso devant le coton qui dominait l’économie nationale depuis l’époque coloniale. Avec près de 375 millions de dollars de recettes à l’export en 2009, l’or supplante ainsi la filière cotonnière qui contribuait jusque là, à 60% des recettes d’exportation du pays.
Le premier ministre burkinabè, Tertius Zongo, a ainsi affirmé à l’occasion de l’inauguration de la mine d’Essakane que « les réserves prouvées et le coût des investissements réalisés font d’Essakane une mine de rang mondial ». Il s’est réjoui de ce « pas en avant » effectué par son pays avant de conclure que celui-ci venait donc de « définitivement entrer dans le cercle fermé des pays miniers d’Afrique ». Mais peut-on réellement parler ici de pays minier, alors même que cette mine est « propriété de la société canadienne Iamgold Corporation, qui détient 90% des parts contre 10% à l’État burkinabè »? En effet, s’agit-il vraiment d’un « pas en avant » lorsque l’on sait qu’une fois de plus, c’est une compagnie étrangère qui devient actionnaire majoritaire de ce sixième gisement d’or privant ainsi le pays de son droit d’être propriétaire de ses ressources naturelles. N’est-ce pas plutôt une mauvaise nouvelle pour les Burkinabés?
Vitraulle Mboungou
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