Après avoir été pendant très longtemps associée à la guerre civile de 11 ans (1991-2002) qui a ravagé tout le pays, la Sierra Léone est aujourd’hui très prisée des investisseurs étrangers. En effet, depuis la fin de la guerre en 2002, les autorités sierra-léonaises ont fait d’énormes progrès pour renforcer la paix et la stabilité, et casser une fois pour toutes l’image négative que projetait ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. Pour ce faire, elles se sont lancées dans la promotion d’un programme global de réformes économiques visant à attirer les investissements étrangers directs en rendant le pays plus attractif et en exhortant la communauté internationale à continuer d’appuyer leurs efforts.
Cette politique semble porter ses fruits, car la Sierra Léone doit faire face depuis quelques années à la ruée des investisseurs étrangers sur ses ressources minières. Devenue l’un des pays les plus paisibles de toute l’Afrique de l’Ouest, elle doit désormais apprendre à gérer cette vague d’investissements de plus en plus croissante. Ainsi, African Minerals, une société qui exploite du minerai de fer et d’importants gisements de métaux de base dans le pays, vient de signer un mémorandum avec son partenaire chinois Shandong Iron & Steel Group (SISG) Co Limited pour lancer un investissement stratégique de 1,5 milliard de dollars, après avoir annoncé la découverte cette année des réserves de minerai de fer de 10,5 milliards de tonnes à Tonkolili, au nord du pays. Tandis que la compagnie britannique London Mining Company a affirmé vouloir investir 300 millions de dollars en quatre ans dans la mine de fer de Marampa dans l’ouest. En outre, le gouvernement sierra léonais a annoncé dernièrement avoir signé un accord avec la compagnie minière Koidu Holdings détenue par le groupe privé BSG Resources Limited qui possède des représentations à Londres et Johannesburg. Cet accord va lui permettre de doubler sa part sur les bénéfices de la vente de diamants. « Le nouvel accord nous permet de percevoir 60 % de tous les bénéfices », au lieu des 30 % précédents, soit 18 millions de dollars de plus par an, a signalé le ministre des Mines, Alpha Kanu, à l’AFP. La révision de cet accord fait partie des engagements du gouvernement sierra-léonais pour augmenter les revenus tirés de l’exploitation des diamants et assainir ce secteur après des années de commerce illégal des « diamants du sang ».
Ce gouvernement au pouvoir depuis 2007, cherche également à relancer et revitaliser d’autres secteurs économiques comme l’agriculture, très prospères avant la guerre. Pour cela, il a misé sur le développement du secteur des épices et la production de gingembre en particulier. Ce dernier dispose en effet d’un fort potentiel d’exportation, notamment vers l’Europe et offre des nombreuses opportunités de créations d’emploi, spécialement pour les réfugiés et les fermiers déplacés pendant la guerre. Ainsi, les autorités sierra léonaises se sont associées au groupe suisse Addax and Oryx Group et de leur filiale locale Addax Bioenergy, pour lancer « le plus grand investissement dans l’agriculture de toute l’histoire du pays », selon les propres termes du président Ernest Bai Koroma. Il s’agit d’un gigantesque projet de production d’éthanol à partir de la canne à sucre qui sera exportée vers l’Europe. Ce continent qui a adopté une directive exigeant que tout son pétrole contienne 10 % d’éthanol d’ici à 2020, a signé avec la Sierra Léone l’accord « Tout sauf des armes » lui permettant de faire entrer sans taxe ses produits sur le marché européen. Opérationnel en 2012, ce projet représente un investissement de 200 millions d’euros financés par Addax, la BAD et les Agences européennes d’investissement.
Vitraulle Mboungou
Les articles suivants pourraient aussi vous intéresser:
- Sierra Leone: ruée des investisseurs étrangers sur les ressources minières
- Nigeria: les réserves en devises étrangères baissent à 40,48 mds de dollars
- Resserrer l’étau autour de la Maladie du ver de Guinée / Jimmy Carter et Margaret Chan vont annoncer une nouvelle campagne de financement pour éradiquer la maladie du ver de Guinée
- Pays arabes: aide de la Banque mondiale aux investisseurs étrangers
- Le Canada plus cher pour les investisseurs étrangers souhaitant s'y établir
- Business des otages : les travailleurs étrangers en ligne de mire en Afrique



























