Une fois de plus, Barack Obama vient d’entrer dans l’histoire. Après avoir été le premier « Africain-américain » (son père était Kenyan) à gagner les élections présidentielles aux États-Unis en novembre 2008, il est aujourd’hui le premier président à avoir réussi l’exploit de donner une vraie couverture maladie à toute la nation américaine. Après plus d’un an de négociations, de tractations et de retournements inattendus, il a fini par gagner cette bataille qu’aucun président démocrate, n’avait remporté en un siècle de vie politique.
En effet, le système d’assurance maladie fait débat depuis une centaine d’années aux États-Unis, et des générations de politiciens, de Théodore Roosevelt à Bill Clinton ont toujours échoué dans leurs tentatives de la réformer, battues pat les médecins et les assureurs. Nombreux sont les médias aujourd’hui, à l’instar du New York Times, qui parlent « d’exploit aux dimensions historiques » et du Post qui, reprenant le slogan « Yes, we can » (Oui, on peut), écrit « Yes, we did » (Oui, nous l’avons fait) en ajoutant : « Le président Obama peut enfin employer ces mots ». Barack Obama avait multiplié ces dernières semaines les déplacements pour plaider la cause de cette réforme considérée comme une des priorités de son mandat. Un travail qui a fini par payer ce 21 mars 2010.
Ce projet de réforme du système de santé va permettre de garantir une couverture santé à 32 millions d’Américains qui en sont actuellement dépourvus avec pour objectif de couvrir 95% des Américains de moins de 65 ans. Il interdit entre autres aux assureurs de refuser une couverture à des personnes préalablement malades. La plupart des Américains seront désormais contraints de s’assurer, sous peine de se voir affliger des pénalités. La réforme, d'un coût de 940 milliards de dollars sur 10 ans, devraît réduire le déficit américain de 138 milliards de dollars, selon le bureau du Budget du Congrès (CBO), organisme d’experts non partisan chargé d’évaluer le coût des projets de loi. Le texte prévoit en effet une baisse des dépenses du programme d'assurance maladie des personnes âgées (Medicare). Le soutien du CBO à ce projet a sans doute joué pour beaucoup, notamment auprès des démocrates, pour pencher la balance en faveur de l’administration Obama. En effet, il y a quelques mois à peine, le même CBO avait estimé le coût de cette réforme à plus 1000 milliards de dollars sur la même période, ce qui avait gonflé à bloc l’opposition républicaine dans son combat contre ce projet, et donné du poids à l’hésitation de certains Démocrates. Le bureau du Budget du Congrès avait alors souligné qu’un tel coût aggraverait le déficit de l’État, contredisant ainsi l’argumentation de l’administration Obama pour qui cette réforme était la meilleure manière de contrôler un budget qui ne cesse d’accroître du fait justement de l’augmentation constante des frais de santé.
Ce 21 mars 2010, le président et son administration ont retenu leur souffle jusqu’à la dernière minute, tant le vote était incertain. Pour débloquer la situation, Barack Obama a dû signer un décret réaffirmant l'interdiction des financements fédéraux pour l'avortement. Finalement, le texte a été adopté par 219 voix pour, 212 contre. Les élus républicains ont tous voté contre. Ainsi, cette réforme tant attendue devrait être promulguée dès mardi 23 mars par le président américain qui à l’annonce du vote victorieux, a rappelé que c’était avant tout une réforme de l’assurance, « la plus dure de l’histoire ». « Nous avons prouvé que nous sommes encore capables de réaliser de grandes choses », s’est-il félicité avant d’ajouter : « Je sais que ce n’était pas facile pour beaucoup. Mais c’était le bon vote ». Cette ambitieuse réforme sur laquelle ses prédécesseurs ont été mis en échec restera ainsi probablement le symbole de sa législature.
Vitraulle Mboungou
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