La création d’un « seul marché continental de grande valeur économique » en Afrique a toujours fait partie du plan de nombreux pays dans l’optique d’avoir un continent plus compétitif économiquement. C’est à cette fin que les dirigeants de 26 pays de l’Afrique de l’Est et du Sud se sont réunis le 12 juin dernier à Johannesburg pour annoncer le lancement de négociations de cet immense projet. Pour autant, il ne couvrira au départ, selon les prévisions de ses initiateurs, que la moitié orientale du continent. Mais ces pays rêvent qu’il s’appliquera un jour à toute l’Afrique. Ils espèrent ainsi former une très vaste zone de libre échange englobant les principaux marchés économiques régionaux déjà existants comme le COMESA (Marché commun des États d’Afrique australe et de l’Est), l’EAC (la Communauté d’Afrique de l’Est) et la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), trois ensembles très hétérogènes qui se chevauchent en partie. Des marchés surnommés « Tripartite » qui comprennent les économies les plus développées du continent comme l’Afrique du Sud, mais aussi celles qui croissent le plus vite, notamment l’Angola et l’Éthiopie (le produit intérieur brut de cette « Tripartite » est compris entre 875 et 1000 milliards de dollars, selon les chiffres du communiqué diffusé à l’issue de la réunion, 58% de la richesse produite en Afrique).
Marchés communs régionaux
Marché commun africain : un rêve réalisable?
Marchés communs régionaux : l’Afrique à l’école des Grands
L’idée d’un marché économique commun identique à l’image de l’Union européenne, l’ALÉNA ou le Mercosur, n’est pas récente en Afrique. Le mouvement pour sa mise en place a d’ailleurs d’ores et déjà commencé avec la création de nombreuses organisations ou communautés économiques régionales comme le COMESA (Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe), la CAE (Communauté d’Afrique de l’Est), la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale), la SADC (Communauté de développement de l’Afrique australe), la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) ou encore l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine). Mais le manque de cohésion de tous ces groupements régionaux ralentit quelque peu le processus de création de ce marché unique africain. Pour parvenir à la pleine intégration régionale tant rêvée, le continent africain doit donc apporter encore quelques améliorations aux différents systèmes déjà existants. Pour ce faire, il devrait notamment s’inspirer des réussites des autres grands ensembles économiques concernant, entre autres, les questions sur le commerce régional, la libre circulation des biens, des marchandises et de la main-d’œuvre ou la monnaie unique.
Marchés communs africains : encore trop d’obstacles

L’Afrique compte aujourd’hui énormément d’organisations régionales qui travaillent chacune de son côté dans le but ultime d’établir un jour une Communauté économique africaine qui aurait, à l’image de l’Union européenne, sa propre monnaie unique et qui respecterait complètement la libre circulation des biens et des services ainsi que celle des personnes à travers le continent. Mais avant d’atteindre cet objectif final, elle a encore un certain nombre d’obstacles à surmonter. Et pas des moindres.
Marchés communs africains : en rangs dispersés
L’intégration régionale a toujours été une des principales préoccupations des pays africains depuis leur accession à l’indépendance. Elle constituait un volet important de leur stratégie de développement dans la mesure où elle permettrait de créer des marchés régionaux plus grands, rendant l’Afrique plus compétitive. Mais très vite, il y a eu énormément d’organisations qui ont été créées. Ainsi, entre les années 60 et 80, le continent a vu naître plus de 200 initiatives intergouvernementales de coopération économique multisectorielle et plus de 120 initiatives multinationales pour des secteurs uniques. Des initiatives mises en place pour, entre autres, renforcer le développement régional en faisant la promotion de la croissance du commerce intra régional (en éliminant les obstacles tarifaires et non tarifaires), des secteurs économiques, notamment les infrastructures régionales et de la coopération monétaire.
Marchés communs régionaux : les principaux poids lourds
Depuis quelques décennies, plusieurs pays des différentes zones géographiques du monde ont décidé de s’unir pour créer un marché économique commun leur permettant de supprimer simultanément les barrières internes à la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes.




























