Les Jeux Olympiques en Afrique pour … 2024 ?

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London 2012Contrairement à la FIFA qui avait fait de l’accueil du « Mondial » sur le continent une question d’alternance et de priorité… politique, le Comité international olympique (CIO) a d’autres impératifs… autrement politiques.

 

Avant que l’Afrique du Sud n’organise donc en 2010 la dernière Coupe du monde de football avec brio, plusieurs raisons couraient pour ne pas confier l’organisation de cet événement au continent africain. Il n’était pas rare de s’entendre signifier le manque de moyens financiers et surtout d’infrastructures. Certains opposants allèrent même jusqu’à mentionner les maladies locales et les conditions sanitaires comme motifs afin de ne pas affliger les athlètes mondiaux de divers maux.

Au-delà de certains arguments farfelus, le CIO a d’autres motifs de ne pas accorder, pour le moment, l’organisation des Jeux d’été à une ville africaine. Pour les observateurs de la scène sportive olympique et habitués des jeux de coulisses, les critères d’excellence des candidatures sont bien entendu incontournables, mais il y a également la loi non écrite qui veut que le Comité de sélection regarde ne premier lieu du côté des candidatures rejetées lors des derniers jeux. On croit ainsi qu’après Madrid, Rio, Chicago et Tokyo qui se disputèrent l’organisation des jeux en 2016, ce sera en 2020 l’une de ces candidatures malheureuses de 2012 ou de 2016 qui sera choisie. Généralement, les dossiers se consolident après un premier échec, comme Beijing après avoir échoué face à Sydney 2000 ou encore Prague qui s’est proposé pour 2016 et 2020 et Madrid, revenu à la charge aussitôt après l’échec de 2012 face à Londres.

Il n’est cependant pas exclu qu’une candidature-surprise africaine ne vienne bouleverser les données et s’imposer. En effet, une bonne dizaine de métropoles peut prétendre à l’organisation des Jeux olympiques d’été. Le Maghreb avec Alger ou Casablanca, l’Afrique de l’Ouest avec Dakar et Lagos ou même Accra, l’Afrique australe avec Le Cap, Johannesburg, Durban ou encore mieux, l’Afrique de l’Est qui a donné tant de champions aux olympiades pourrait choisir et imposer  Nairobi au Kenya sur un strict argument affectif.

Les sentiments ne suffisent cependant pas, et il faudrait constituer une batterie de dispositions financières pour mériter d’être l’hôte de l’excellence sportive mondiale. Même une ville comme Paris hésite à représenter sa candidature puisque la crise économique est passée par là. Compte tenu de l’instabilité économique mondiale, les autorités françaises, François Hollande en tête ont fixé les limites : « Cela doit se faire avec la contrainte budgétaire. Il y a beaucoup de commanditaires privés aussi qui sont intéressés. Il n'y a pas que l'argent de l'État ou des collectivités locales qui peut être mobilisé », a-t-il asséné.

Tout autant, comme l’indique le chroniqueur économique du Figaro, Guillaume Guichard, les acteurs d'une potentielle candidature de Paris ne promettent pas autre chose. Ce seraient des JO « vertueux à bas coûts », assurait Francis Parny, vice-président de la région Ile-de-France chargé des sports.

« Ce qu'on investit maintenant, ce sont des économies pour le futur», ajoutait l'élu régional. Et peut-être même des profits car, selon une étude réalisée par le Boston Consulting Group (BCG) à l'occasion de la candidature de Paris 2012, on évaluait les retombées économiques entre 5,7 et 6,3 milliards d'euros lors de la préparation de l'événement. Tout cela pour un coût d'organisation de 4 milliards d'euros. « Les bénéfices seraient encore supérieurs ensuite, de l'ordre de 5 milliards par an durant sept ans » d’indiquer le journaliste français. En attendant, les JO de Londres vont coûter 11 milliards d’euros à la Grande-Bretagne, soit le double du budget annoncé.

C’est cette valse de chiffres qui pénalise grandement les villes africaines potentielles et l’on voit mal comment y opposer facilement des arguments valables. L’organisation des JO demande de disposer d’infrastructures de transport de qualité, des moyens de communication et de télécommunications fiables ainsi qu’un parc hôtelier et en restauration de première classe. La sécurité n’est pas en reste compte tenu des tensions géopolitiques mondiales.

Pour rappel cependant, la ville sud-africaine du Cap était candidate à l’organisation des JO de 2004 attribués à Athènes, mais fut éliminée au quatrième tour. Accrocheurs, les Sud-africains poussèrent la candidature de Durban pour 2020 avant de la retirer. Cette offensive sud-africaine répond entre autres au principe selon lequel la ville qui organise les Jeux fait une démonstration de l’émergence d’une nation. Ce qui se vérifie depuis les Jeux de Tokyo en 1964, à l’exception d’Athènes en 2004 pour des raisons purement historiques.

Aujourd’hui, le cahier des charges du CIO impose d’énormes contraintes budgétaires difficiles à assumer pour des nations sans potentiel économique ni attrait particulier. De plus, l’intérêt d’une candidature prend absolument de la valeur grâce à des ouvrages architecturaux particuliers. Vrai pour le « nid d’oiseau » de Beijing ou le « Bassin » de Stratford à Londres. Le secteur privé, friand de ce genre de happening, pourrait facilement se rallier à une candidature économiquement rentable.

Mais les pays y gagneront-ils en retour ? Plusieurs analystes pointent aujourd’hui les éléphants blancs hérités de la Coupe du Monde de football par le pays de Nelson Mandela et il n’est pas garanti que les élus, compte tenu des priorités criantes sur le plan social, donnent quitus à la mise en candidature de leurs villes. Ce fut d’ailleurs la principale raison invoquée par le gouvernement sud-africain pour demander à Durban de reconsidérer sa candidature pour 2020. Un espoir demeure toutefois, car Pretoria a promis de donner son appui à une candidature pour les Jeux d’été de… 2024.

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