« Se préparer et se qualifier pour les JO nécessite parfois des montages financiers complexes », écrivait le quotidien français Le Figaro, dans son édition web du 27 juillet. Ceci est encore plus vrai en Afrique où beaucoup d’athlètes manquent cruellement de moyens financiers et matériels pour se préparer convenablement aux compétions internationales comme les JO. En règle générale, les Comités nationaux olympiques, grâce à une subvention de l’État, prennent en charge leur participation qui inclut notamment les frais de déplacement ; mais le reste, à savoir la longue et périlleuse préparation avant le jour J, reste entièrement à leur frais, l’hébergement et l’alimentation étant assurés par le Village olympique.
Les athlètes souvent amateurs, s’entrainent depuis des années, mais non sans peine. En effet, en plus des efforts physiques que requiert la participation à une compétition sportive internationale de ce calibre, il faut compter les difficultés matérielles et financières auxquelles doivent faire face les athlètes africains. Ainsi, René Kouassi, champion d’Afrique 2012 en tir à l’arc et premier archer ouest-africain à participer aux JO, a raconté à RFI (Radio France Internationale) avoir « connu bien des galères durant sa préparation ». Le Franco-Ivoirien de 32 ans, qui a décidé de se placer sous les couleurs ivoiriennes en rentrant au pays, a lutté pour justifier ses besoins financiers et matériels auprès notamment de la Fédération ivoirienne de Tir à l’Arc (Fivta) et du ministère des Sports. Même de retour en France, M. Kouassi a été obligé de prendre en charge la majeure partie de ses frais de préparation et cela malgré l’aide de la Fédération internationale et de la Fivta.
De même, l’on peut citer le cas de ces nageurs congolais qui n’ont pas eu la chance, comme leurs homologues européens ou américains, de pouvoir répéter leurs gammes dans un bassin professionnel. Interviewés par Euronews, ils étaient encore à Kinshasa quelques jours avant le début des JO et s’entraînaient dans une petite piscine. Leur préparation a été rendue d’autant plus difficile qu’elle s’est déroulé dans un contexte d’instabilité politique en raison d’un conflit armé dans le pays. Mais d’autres, à l’image du Kényan Stephen Chereno devenu Saif Saaeed Shaheen après avoir acquis la nationalité qatarie en 2003, préfèrent s’expatrier à l’étranger pour bénéficier des meilleures conditions d’entrainement. Ce recordman du monde du 3 000 m steeple a en effet rejoint l’émirat du Qatar en échange de la promesse d’une rente à vie et de la construction d’une piste synthétique d’athlétisme dans son pays d’origine.
Pour autant, ces athlètes africains bénéficient tout de même d’une aide gouvernementale, même si elle est souvent insignifiante et tardive. Ainsi, le président ivoirien Alassane Ouattara a laissé, lors de son passage éclair à Londres une enveloppe de 20 000 dollars répartis entre les athlètes et les encadreurs tout en promettant la construction prochaine d’un stade olympique. De même, le gouvernement sénégalais a annoncé le 18 juillet dernier avoir donné 400 millions de FCFA à sa délégation pour leur participation aux JO. « C’est la première fois que dans notre pays une telle enveloppe est dégagée par l’État. Le Comité national olympique sportif du Sénégal (CNOSS), en sus de ce que fait l’État, a donné FCFA 2,6 millions à chaque athlète qui participe à ces JO », a souligné dans un communiqué le ministre sénégalais des Sports Malick Gackou.
En plus de ces aides d’État, les sportifs peuvent également demander la bourse olympique destinée aux athlètes d’élite désignés par leurs Comités nationaux olympiques (CNO), avec une attention particulière aux athlètes et CNO ayant des difficultés financières. « Le programme de bourses olympiques offre aux CNO la possibilité d’obtenir une assistance financière et technique considérable pour un nombre restreint d’athlètes de haut niveau qui s’entraînent et tentent de se qualifier pour les Jeux olympiques à Londres », peut-on lire sur leur document officiel. En outre, il existe aussi la Convention de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports des pays d’expression française (CONFEJES) qui permet aux athlètes « des pays d’expression française », en particulier africains, de finaliser leur préparation dans un environnement proche de celui des JO avec un encadrement technique assuré entre autres par des entraîneurs des Centres de haut niveau. Le but étant de maximiser leurs chances de médailles à Londres 2012. Cela sous-entend-t-il qu’il existerait un lien entre l’investissement financier ou matériel dans la préparation des JO et les médailles obtenues?


























