La création des ZES attirent toutes sortes d’opérateurs économiques et financiers. L’existence d’une fiscalité plus attractive et de contraintes contractuelles plus flexibles sont assurément de bons incitatifs. Et dans ce registre, les manufactures représentent le gros des investissements.
En réalité, très peu de pays s’impliquent directement dans l’établissement de sociétés dans les ZES. Des facilités sont plutôt accordées en termes de financement de la part de l’État. Ce qui est essentiel à la diversification de l’économie, en passant nécessairement par le détachement des filières traditionnelles de gestion et d’exportation locales à travers des Petites et moyennes entreprises (PME) ou de Petites et moyennes industries (PMI). Il devient alors question de déploiement d’outils et de concentration spatiale des activités économiques.
Le Gabon l’a fait avec la zone économique spéciale de Nkok où l’Union Gabonaise de Banque (UGB) et la Coordination Générale de cette ZES, haut lieu de la filière bois, avaient signé une convention de partenariat prévoyant une assistance financière pour les investisseurs. L’UGB s’était ainsi engagée à les accompagner dans le financement de leurs programmes d’investissements et de leurs cycles d’exploitation. À terme, la zone économique spéciale de Nkok montée en partenariat public-privé avec la firme singapourienne Olam sera constituée de zones industrielles à 75% (scierie, ferraille, ciment, etc.) et de 25% de zones résidentielles et commerciales. D’autres pays ont fait le choix de travailler avec des partenaires différents, mais avec presque les mêmes objectifs en termes d’investissements et d’opérateurs.
Par contre, dans le cas précis de la Chine dont l’offensive est la plus importante dans ce secteur, l’implication dans les zones économiques spéciales en Afrique a pour objectif de diversifier les exportations sur le continent. Ce qui oblige Beijing à drainer des investissements considérables dans l’infrastructure (Énergie et transport) ainsi que dans la production orientée vers l’exportation, comme mentionné plus haut. Les spécialistes de la Banque africaine de développement ont cerné les multiples objectifs de ce principe, dit du « Zou Chuqu » ou « externalisation ».
Il s’agit globalement d’améliorer les marchés locaux et régionaux pour les produits et les services chinois ; tirer parti des accords commerciaux et d’accès préférentiel aux marchés; faciliter la restructuration de l’industrie chinoise en délocalisant des activités manufacturières matures à forte intensité de main-d’œuvre; dégager des économies d’échelle pour les investissements étrangers en favorisant la formation de pôles d’entreprises et de chaînes d’approvisionnement.
Enfin, il n’y a pas que les Chinois qui avancent leurs pions sur l’échiquier des ZES. L’Europe essaie de reprendre du terrain perdu et une dépêche d’agence annonçait la visite cette semaine à Brazzaville (Congo), d’une délégation du Mouvement des entreprises de France (Medef). Conduite par le président du Comité Afrique et vice-président de Medef International, président du Conseil de surveillance de Gras Savoye et Cie, Patrick Lucas, elle est composée de chefs d’entreprises de divers domaines comme le bâtiment et les travaux publics, les télécommunications, le transport maritime, le traitement de l’eau, les travaux en milieu sous-marins, le courtage en assurance, l’industrie forestière, l’énergie, la logistique de transport, le cabinet de conseils et l’industrie textile. Une armada dont l’importance indique clairement les champs désormais ciblés par les investisseurs privés et, surtout, l’importance des Zones économiques spéciales dans le contexte de la croissance économique en Afrique.


























