De simples artefacts à leurs débuts, les Technologies de l’information et de la communication se sont imposées et ont envahi toutes les sphères de développement. La société de l’information dans laquelle nous évoluons impose des fondements de base que sont, entre autres, la sécurité et la confiance. Le principal outil de cette révolution dite numérique et sans aucun doute l’Internet qui permet aujourd’hui la constitution de réseaux aussi originaux que divers.
Le développement des TIC s’est donc inscrit dans le processus d’informatisation des sociétés, principalement industrielles. Participant à la mutation des modes de production, de consommation, de communication, de circulation des savoirs et d’acquisition des connaissances, les technologies numériques sont désormais partout. Les quatre secteurs qui suivent en sont de parfaits exemples.
TIC et éducation
En éducation, elles sont essentielles et les experts de l’UNESCO expliquent qu’elles peuvent contribuer à l’accès universel à l’éducation, à l’équité dans l’éducation, à la mise en œuvre d’un apprentissage et d’un enseignement de qualité, au développement professionnel des enseignants ainsi qu’à une gestion, une gouvernance et une administration de l’éducation plus efficaces. Les usages effectifs des TIC en éducation passent évidemment par l’appropriation de l’ordinateur, d’outils de bureautique ou d’apprentissages plus spécifiques. Ce sont la PAO (Publication assistée par ordinateur), la CAO (Conception assistée par ordinateur) et autres acronymes désormais communs. Sur le strict plan de l’enseignement, elles permettent un transfert moins frontal du savoir et donne plus d’autonomie aux élèves et étudiants. Dans ce dernier cas, le télé-enseignement a fait ses preuves et permis une meilleure acquisition des connaissances tout au long de la vie.
TIC et santé
Les Technologies de l’information et de la communication ont ouvert de nombreux horizons dans le domaine de la santé. Que ce soit en matière de recherche ou d’applications, des pas de géants ont été faits à travers les réseaux publics et privés. Au cours d’un récent colloque sur les innovations liées aux TIC dans le domaine médical, des chercheurs européens rappelaient la principale tendance dans le secteur. « Jusqu'il y a peu, le médecin était souvent seul devant son malade et sa maladie. Il était surtout seul pour poser un diagnostic et prodiguer des soins. Aujourd'hui, les médecins partagent des informations et prennent des décisions en concertation. Les évolutions technologiques des dernières années ont entrainé de profondes transformations des pratiques médicales, grâce notamment à des possibilités accrues de partage d'informations permettant le développement des décisions médicales collaboratives ».
Cette évidence se traduit par la principale évolution du système de santé grâce aux TIC : la médecine à distance ou télémédecine. Cette dernière s’exerce dans les cas de diagnostics, de surveillance avec des équipements "home-monitoring", pour réduire les coûts des visites des infirmières et permettre aux patients de rester chez eux entourés de leur famille le plus longtemps possible, de consultations grâce aux satellites et même à des interventions chirurgicales grâce à des robots et aux réseaux de communication. La première opération de ce type a été pratiquée en 2001 par une équipe de chirurgiens située aux États-Unis sur un patient se trouvant en France dans une salle d'opération munie d'un robot commandé à distance.
TIC et environnement
À la loupe de l’Institut international pour un développement durable, les Technologies de l’information et de la communication « permettent d’élaborer des stratégies de gestion et d’adaptation appropriées et à planifier la voie vers une meilleure gestion environnementale. L’Internet et les TIC sont des technologies de transformation en ce qu’elles placent les renseignements aux limites des réseaux, maximisant ainsi la capacité des utilisateurs de créer et de s’adapter, expliquent les spécialistes. On peut citer pour exemple l’amélioration des pratiques agricoles et forestières, le contrôle de la pollution de l’air et de l’eau, l’amélioration des moyens de prévention des catastrophes, l’amélioration de l’efficience des secteurs de l’énergie, des transports et des biens et services, et l’utilisation des réseaux sociaux pour réaliser des changements transformateurs. »
Mais les TIC et l’environnement, c’est aussi l’habitat mesuré et contrôlé en fonction de l’espace et du temps. Ce sont les nouvelles normes applicables et appliquées pour une meilleure consommation de l’énergie. Le tout fortement redevable à des modélisations sans cesse réactualisées par les multiples firmes de conseil et d’ingénierie.
TIC et affaires
Ce qui mène naturellement vers le moteur principal du développement et de la croissance qui est celui des affaires. Car même si l’impact des TIC dans ce secteur reste difficile à mesurer, la révolution numérique y a été d’un apport considérable. Son impact sur l’innovation se reflète plus précisément sur le commerce, l’organisation, les technologies, les produits ou encore les modèles d’affaires.
D’ailleurs, les économistes Michael Porter et Victor Millar, dans un article paru en 1985 dans la Harvard Business Review et devenu référence, résument bien la contribution des TIC au système économique actuel en disant qu’elles « refaçonnent la façon de faire des affaires ». Autrement, la révolution numérique repense les règles du jeu au niveau de la concurrence et transforme l’essence même de l’entreprise dans ses activités marchandes quotidiennes en la poussant à se réinventer constamment. Les industries bancaires, financières et des assurances démontrent clairement comment les innovations commerciales induites par les TIC se multiplient, avec la multiplication des formules d’accès aux services.
C’est donc ce volet organisationnel dont l’innovation est essentielle que nous éclaire un Livre blanc du Centre facilitant la recherche et l'innovation dans les organisations, à l'aide des technologies de l'information et de la communication (CEFRIO). L’une des démonstrations touche les processus de l’organisation. Les systèmes de gestion intégrée (par exemple, ERP), de gestion de la chaîne logistique (supply chain) et de flux de travail (workflow) supportent l’innovation des processus organisationnels et soutiennent les entreprises dans leur croissance. Ils permettent des innovations profondes dans l’orchestration de réseaux de création de valeur de plus en plus complexe.
Par exemple, de nombreuses entreprises exploitent maintenant un réseau de centres de production déployés stratégiquement dans le monde, répartissant dynamiquement la charge de travail en fonction de la dynamique des demandes régionales et des capacités de chaque centre de production. L’autre établit la gestion des relations avec les clients, les fournisseurs, les employés et les investisseurs. Ici, Les systèmes de relations avec les clients sont des sources inépuisables d’informations porteuses de potentiel d’innovation de produit et d’innovation commerciale. Ils brisent les frontières avec les clients, en stimulant les interactions et les engagements, et en encourageant la visibilité et la transparence.
Le tout naturellement eu un impact sur le marché avec la dématérialisation des produits et des services qui a permis de démultiplier le volume et la diversité des contenus offerts par les entreprises et les individus, expliquent les analystes. À cela, il faudrait rajouter la transformation des structures industrielles puisque certaines innovations ont été associées à un niveau accru de concurrence. Les innovations liées aux modes de distribution, moussant notamment la taille des marchés, ont permis une concurrence beaucoup plus forte. On peut maintenant comparer les prix de tous les vendeurs possibles et utiliser des sites d’enchères électroniques comme eBay. Les firmes ne sont plus cantonnées à leurs marchés traditionnels et se retrouvent dans des environnements très compétitifs.
Voilà donc comment l’irruption des Technologies de l’information et des communications a pu modifier complètement le rapport de la société à son quotidien. Cela n’a cependant pas toujours été dans un sens positif, mais beaucoup rétorqueront que chaque médaille a nécessairement un revers.


























