Ce n'est un secret pour personne, la province du Québec a été au cœur de toutes les mutations des technologies de pointes au Canada et en Amérique du nord. Dans le secteur des TIC, Montréal fait figure de précurseur et aligne un nombre important de sociétés innovatrices.
Historiquement, la montée du développement des Technologies de l'information et de la communication tient de la conjugaison d'une volonté ferme du gouvernement du Québec et du secteur privé de devenir un carrefour de l'innovation dans le domaine. Dans un livre blanc consacré à ce secteur, le CEFRIO (Centre facilitant la recherche et l'innovation dans les organisations) à l'aide des technologies de l'information et de la communication, indique que le Québec a plusieurs attraits dans l'économie numérique.
À l'intersection de la culture américaine et européenne, la province dispose d'une main-d'œuvre qualifiée de notoriété internationale dans le secteur des TIC et du multimédia, de l'aérospatiale et dans le secteur biopharmaceutique. À cela s'ajoute une politique fiscale avantageuse en matière de Recherche et Développement (R&D). Ces éléments ne peuvent évidemment que séduire les capitaux, surtout étrangers. Plusieurs entreprises établies au Québec ont acquis une renommée mondiale et on peut penser à des firmes comme Softimage ou CAE, des entreprises de consultation comme CGI ou DMR (Fujitsu), des firmes dans le domaine des jeux vidéo (Ubisoft, EA, Beenox) pour ne nommer que celles là.
Un diagnostic sectoriel serré a été effectué en 2011 par la firme Martin, Chabot, Grant, Thorton. On y apprend que le produit intérieur brut (PIB) généré par le secteur des TIC au Québec s'élevait à 12,5 milliards $CAN (59 G $CAN au Canada) en 2009. Cette somme représentait donc 21 % du secteur canadien des TIC, ce qui équivaut à la part du Québec dans l'ensemble de l'économie canadienne.
Près de 90 % de la valeur économique des TIC au Québec est le fait des entreprises de services (incluant les produits logiciels), alors que le reste est généré par la fabrication. Le secteur comptait 7782 établissements pour la même année, dont 85 % étaient situés dans les régions administratives qui englobent les zones métropolitaines de Montréal et de Québec.
D'autre part, les TIC au Québec jouent un rôle phare en matière de recherche et développement (R&D), puisqu'elles forment le secteur qui regroupe le plus grand nombre d'employés affectés à ce type de fonction. Les TIC sont également le secteur des hautes technologies qui a reçu le plus grand apport de capital de risque au cours des deux dernières années, devançant notamment les sciences de la vie à ce chapitre. On ne pourrait mieux présenter l'importance de ce volet industriel et économique.
Montréal au cœur des TIC en Amérique du Nord
Pour ce qui est du Grand Montréal à proprement parler, l'engouement se justifie à travers des chiffres qui se passent de tout commentaire. Dans leur plus récente étude sur le «Profil de l'industrie des technologies de l'information et des communications du Grand Montréal», Montréal International et TechnoMontréal confirment que le secteur des technologies de l'information et des communications (TIC) de la région est un moteur économique de première importance. Au fil des années, la métropole est parvenue à se positionner comme un pôle majeur des TIC en Amérique du Nord.
Constat. Le PIB réel du secteur des TIC du Grand Montréal a connu une forte croissance de plus de 25 % entre 2002 et 2010, pour atteindre plus de 9 G$ et plus de 70 % du PIB total des TIC au Québec. Et pour mieux comprendre la solidité de cette industrie, on indique que le recul subit par plusieurs secteurs lors de la dernière crise économique a été à peine ressenti dans le secteur des TIC de la métropole (à peine -0.01 % entre 2008 et 2009).
Il faut préciser également que la croissance globale du PIB métropolitain en TIC a été principalement soutenue par l'explosion des sous-secteurs du multimédia, notamment des jeux vidéo, du développement de logiciels, ainsi que par l'application de services TIC dans de nombreux secteurs de l'économie, comme ceux de la finance et de la santé.
En termes de ressources humaines, le nombre d'emplois et d'établissements reliés aux TIC dans le Grand Montréal a connu une croissance de plus de 4 % entre 2008 et 2010 et ce, malgré le ralentissement économique mondial. La métropole s'est ainsi classée au 2e rang des 20 plus grandes métropoles nord-américaines pour la croissance de l'emploi en TIC pour la même période.
Sauf que la performance de Montréal ne s'explique pas seulement par sa masse critique élevée d'entreprises et d'emplois, mais aussi par la performance de son secteur de R&D. Il est estimé que plus de 85 % des dépenses de R&D industrielle du Québec ont été réalisées par des entreprises localisées dans le Grand Montréal. Par ailleurs, les dépenses de R&D du secteur des TIC du Grand Montréal s'élèveraient à plus de 800 M$.
Aussi, les entreprises peuvent profiter du fardeau fiscal le plus faible en Amérique du Nord pour conduire des activités de R&D. Cet avantage de taille a largement contribué à l'implantation d'entreprises ayant des activités de R&D dans la région. En effet, parmi les seize premières entreprises spécialisées en TIC qui ont investi le plus en R&D au Canada en 2009, dix d'entre elles possèdent une présence dans le Grand Montréal. Ce sont BCE, TELUS, IBM, ALCATEL-LUCENT, ERICSSON, OPEN TEXT CORPORATION, CAE, ROGERS COMMUNICATIONS, GROUPE CGI et PMC SIERRA.
Il ne faudrait donc pas s'étonner du choix de la métropole québécoise pour être l'hôte de ce 18e Congrès mondial sur les technologies de l'information (WCIT 2012). Parce que comme on le dit couramment, « c'est ici que ça se passe ».


























