Les réseaux sociaux, véritables phénomènes de société de ces dernières années à travers le monde, n’ont cessé de croître économiquement en même temps que leur popularité. En effet, Facebook, Twitter, LinkedIn et autres sites de socialisation ont dès leur apparition, connu un succès fulgurant. Ce qui leur confère aujourd’hui un poids économique énorme qui attire la convoitise de nombreuses multinationales désireuses de surfer sur cette vague.
Ainsi en 2007, le géant américain du logiciel Microsoft est devenu le partenaire exclusif de Facebook à qui il a racheté 1,6% de ses parts pour le prix de 240 millions de dollars alors que ce dernier était courtisé par d’autres géants comme Google. Une concurrence qui selon certains experts, peut justifier le montant très élevé de la valorisation retenue pour cette société certes bénéficiaire, mais réalisant un chiffre d’affaires ne dépassant pas 150 millions de dollars. Mais selon comScore, une société spécialisée dans la mesure de l’audience sur internet, Facebook était en septembre 2007, le 6e site internet le plus visité au monde avec 73,5 millions de visiteurs uniques (+420% en un an) et le 5e au niveau des consultations avec 34,5 milliards de pages vues. Ce qui explique sans doute l’offre de Microsoft.
Créé en 2004 par l’Américain Mark Zuckerberg, alors étudiant à Harvard, Facebook a connu une ascension phénoménale jusqu’à devenir le leader des réseaux sociaux. Conçu au départ comme un réseau social fermé, c’est-à-dire un service réservé seulement aux membres de son université et où l’utilisateur devait avoir une adresse e-mail universitaire d’Harvard, Facebook a vu son développement s’accélérer dès qu’il a été ouvert à partir de 2007, à tous les publics et traduit en plusieurs langues. Le site a ainsi élargi son audience jusqu’à atteindre les 700 millions d’utilisateurs en juin 2011, soit 10% de la population mondiale contre 220 millions deux ans plutôt en 2009, ce qui correspond à 480 millions de nouveaux comptes en deux ans (même si les faux comptes, les comptes doubles, les comptes d’entreprises, etc., ne sont pas comptabilisés).
Facebook est aujourd’hui le premier site de socialisation parmi les 700 réseaux sociaux utilisés dans le monde, derrière des géants comme Google, Yahoo et Microsoft, ce qui le rend incontournable pour les entreprises voulant faire leur publicité sur Internet. Il a ainsi détrôné dans ce domaine son homologue MySpace longtemps premier sur ce marché des réseaux sociaux et passé dans l’orbite du grand groupe de médias et communication, News Corp pour 580 millions à la mi-2005.
Lancé en 2003 à Santa Monica en Californie, près de la Silicon Valley, MySpace est à l’origine destiné aux groupes de musiciens de rock indépendants de cette région auprès de qui il connaît un succès immédiat. Il acquit très vite une spécificité de réseau social du milieu artistique. L’expansion de ce site se confirme également lorsqu’il devient une plateforme de contact entre les groupes et leurs fans, en particulier des jeunes qui commencent alors à rejoindre MySpace en masse. Mais le site n’attire l’attention des médias qu’à partir de 2005 au moment de l’achat de News Corporation. Malgré une popularité grandissante, MySpace qui a perdu son rôle de réseau social (les utilisateurs discutent beaucoup moins qu’à ses débuts), enregistrait en 2010, une audience de 125 millions de visiteurs uniques par mois dans le monde. En perte de vitesse chez les utilisateurs, il intéresse de moins en moins les publicitaires et cela en dépit de la nouvelle version du site très proche du look de Facebook. Les recettes publicitaires de la filiale du groupe News Corp ont ainsi reculé de 26% en 2010, à 347 millions de dollars, selon le cabinet d’étude américain eMarketer.
Dernier arrivé sur le terrain des réseaux sociaux, Twitter œuvre, lui aussi, à augmenter rapidement son audience pour développer ses revenus. La plateforme de microblogging, sur laquelle les internautes partagent messages courts et liens, ne cesse de se développer et de connaître le même succès que ses prédécesseurs. Ainsi, ce réseau communautaire qui a dépassé au début de l’année 2010, la barre des 10 milliards de tweets pour 105 millions d’utilisateurs avec 300 000 nouveaux utilisateurs chaque jour, a révélé que, 50 millions de tweets étaient envoyés par jour, sans compter les spams.
Tous ces chiffres ont de quoi donner le tournis. Avec un tel potentiel économique, il n’est donc pas surprenant que des nombreuses entreprises se ruent sur ces réseaux sociaux qui représentent des réelles opportunités de communication et d’affaires.


























