Fin 2008, alors que la crise fait des ravages aux États-Unis et s’étend dans le monde, on apprend que les établissements financiers de Wall Street ont versé près de 18,4 milliards $US à leurs dirigeants. Offusqué, compte tenu de l’engagement qu’il a pris de renflouer le système financier, le président Barack Obama décide de plafonner les salaires des dirigeants des banques. La mesure a timidement été suivie au Canada et ailleurs en Europe. Après une accalmie relative, le débat a refait surface avec force.
Les rémunérations des grands patrons
La rémunération des grands patrons : vers un plafond salarial ?
Les rémunérations des grands patrons : les justificatifs
La tempête autour des salaires des grands dirigeants d’entreprises continue de souffler. Face à une crise qui laisse exsangue la presque totalité des travailleurs, une minorité s’arroge des traitements royaux et des primes de départ faramineuses, les fameux parachutes dorés.
Les rémunérations des grands patrons : le hit-parade mondial
À l’heure où beaucoup de pays, notamment européens, font face à l’austérité sur fond de crise de modèle social avec des taux de chômage records, les grands patrons semblent à mille lieux de ces préoccupations, tant leurs revenus ne cessent d’augmenter d’année en année. Ainsi, en France, le salaire moyen des grands patrons établi à 4,11 millions d’euros en 2010, a enregistré une hausse de 34% (salaires versés en 2010 et publiés en 2011). En effet, selon une étude de Proxinvest, un cabinet de conseils financiers, malgré une baisse conséquente en 2008 et 2009 (respectivement 25% et 14%), elle reste tout de même bien placée dans le top 5 européen dont la première place est occupée par les Britanniques (6,08 millions d’euros), suivis des Italiens (5,48 millions d’euros) et des Espagnols (4,04 millions d’euros). À côté de cette moyenne, il est à noter que onze dirigeants français ont dépassé le plafond de 4,6 millions d’euros avec en tête Jean-Paul Agon de L’Oréal (10,7 millions d’euros), Bernard Arnault de LVMH (9,7 millions d’euros) et Carlos Ghosn de Renault (9,7 millions d’euros).
Les rémunérations des grands patrons : des revenus trop élevés?
Carol Bartz, l’ex-directrice générale de Yahoo! limogée l’an dernier, a touché plus de 16 millions de dollars au moment de son départ, indique le groupe internet américain dans un document remis récemment aux autorités boursières américaines. En plus d’un salaire de base de quelque 735 000 dollars, elle a reçu une prime de licenciement d’environ 3 millions de dollars, en plus du versement anticipé de primes en action, soulignait ce document. Ce qui représentait au total un versement de 9,4 millions de dollars d’actions du groupe et de 2,6 millions de dollars d’options d’achat d’actions, entre autres. Une rémunération mirobolante qui vient relancer une fois de plus le débat sur les hauts revenus des grands patrons. Cela, d’autant plus que Mme Bartz avait été limogée en septembre dernier, soit moins de trois ans après sa prise de fonctions, car elle n’était pas parvenue à redresser l’entreprise en perte de vitesse.


























