Les dirigeants des cinq plus importantes puissances émergentes réunies au sein du BRICS -Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud- viennent d’achever leur quatrième sommet (Forum des économies émergentes) à New Delhi, en Inde (28-29 mars).
La principale décision de ce sommet a été la création d’une banque d’investissement avec la volonté une fois de plus de franchir un pas supplémentaire dans l’affirmation de leur poids face aux pays occidentaux. Déjà appelée de manière informelle « Banque BRICS » ou « Banque Sud-Sud » et destinée essentiellement à « mobiliser des ressources pour des projets d’infrastructures et de développement durable » à la fois dans les BRICS mais aussi dans les « autres économies émergentes et pays en développement », la nouvelle institution financière « serait un outil financier très puissant pour améliorer les opportunités commerciales et peut-être une étape majeure pour soutenir l’Union européenne dans ses efforts à surmonter la crise financière », a indiqué Fernando Pimentel, ministre brésilien du Commerce.
Les cinq pays émergents des BRICS qui avaient organisé un premier sommet en 2009, ont par ailleurs inauguré ce lundi un accord d’union boursière inédite qui leur permet de faciliter le recours à leur monnaie nationale pour financer le commerce entre eux, qui croît au rythme annuel de 28%. Grâce à cet accord boursier qui ouvre ainsi de nouveaux horizons aux investisseurs des blocs émergents les plus riches tout en leur permettant de financer leur économie à moindre coût, les BRICS qui sont donc plus que jamais tentés d’alléger leur dépendance envers le dollar, verraient ainsi la volatilité de leurs marchés renforcée. Mais qui sont donc ces pays qui ne cessent de multiplier les mesures dans le but clairement reconnu de contrebalancer l’influence de l’Occident, en particulier le groupe euro-américain, sur la scène internationale?Les BRICS tiennent leur acronyme d’un économiste de la banque d’investissement Goldman Sachs, Jim O’Neill qui l’a utilisé pour la première fois en 2001, pour désigner des pays connaissant une forte croissance et dont le poids dans l’économie mondiale ne fait qu’augmenter d’année en année. Le terme a ensuite été repris en 2003 dans un rapport publié par deux économistes de la même banque, où ils tentaient de montrer que l’économie des pays du groupe BRIC (avant l’entrée de l’Afrique du Sud en 2011) allait rapidement se développer. Avec raison, puisque ces pays qui représentent aujourd’hui 40% de la population mondiale, comptent pour 18% du produit intérieur brut (PIB) de la planète et sont respectivement les neuvième (Brésil), sixième (Russie), quatrième (Inde), deuxième (Chine) et vingt-cinquième (Afrique du Sud) puissances économiques mondiales. En 2011, leur commerce interne a été estimé à 230 milliards de dollars, réalisant ainsi 8% des transactions effectuées dans le monde.
Ainsi devenues des grandes puissances émergentes, les BRICS devraient d’ici 2025 assurer, selon le McKinsey Global Institute, 40% de la croissance mondiale. Et selon d’autres estimations, leur PIB total devrait égaler en 2040 celui du G6 (États-Unis, Japon, Royaume-Uni, Allemagne, France et Italie) et faire contrepoids au G8 dont la Russie fait par ailleurs déjà partie.
Cependant, il n’est pas inutile de préciser que les BRICS à eux seuls ne représentent pas l’ensemble des pays émergents. Le concept apparaît dans les années 80 d’abord sous le nom de « marchés émergents » avec le développement des marchés boursiers dans les pays en développement et il est utilisé pour la première fois en 1981 par un économiste néerlandais de la Société financière internationale (structure de la Banque Mondiale), pour parler de pays en développement offrant des opportunités pour les investisseurs. Aujourd’hui, en plus des BRICS, le groupe des pays émergents comprend un certain nombre d’autres pays comme le Mexique, la Turquie et la Corée du Sud.


























