La nationalisation d’entreprises privées par l’État est un phénomène qui ne date pas d’hier et que l’on retrouve dans plusieurs pays, notamment en période de crise. Elle touche généralement les secteurs les plus stratégiques et lucratifs comme l’énergie, les télécommunications et les banques. Ainsi, au lendemain de la crise économique et financière mondiale de 2008, plusieurs États comme les États-Unis ont décidé de nationaliser totalement ou partiellement des établissements devenus « toxiques ». American International Group, (AIG), un des leaders mondiaux de l’assurance et des services financiers, Fannie Mae et Freddie Mac, les deux piliers du refinancement immobilier aux États-Unis et Citigroup, une des plus importantes banques américaines, ont été particulièrement touchés par ce nouveau programme de nationalisation. Du côté européen, en Grande-Bretagne notamment, ce sont les institutions bancaires elles-mêmes qui ont demandé l’entrée de l’État dans leur capital. Il s’agit entre autres, de Barclays, Royal Bank of Scotland, Lloyds TSB, HBOS, HSBC, Nationwide Building Society.
En Amérique du Sud et en Afrique, des pays comme la Bolivie d’Evo Morales et le Vénézuela d’Hugo Chávez et le Niger, ont décidé de cibler les secteurs de l’énergie et des télécommunications pour leur programme de nationalisation. Ainsi, le président vénézuélien a déci,é en 2007, de reprendre le contrôle des gigantesques gisements pétroliers de l’Orénoque, jusqu’alors aux mains de multinationales étrangères comme ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, Total et Statoil. Et pour cause, cette région est très stratégique parce qu’extrêmement riche en pétrole avec des réserves estimées à 270 milliards de dollars qui représentent 30% du PIB du pays et 85 % de ses exportations. Ce renforcement de la présence étatique dans le pétrole est l’une des facettes du virage antilibéral amorcée par Chávez, dès son arrivée au pouvoir à l’instar de son homologue bolivien qui a également entamé en 2006, une politique de nationalisation massive des gisements gaziers et pétroliers de son pays. Après sa réélection triomphale en 2006, Hugo Chávez, au pouvoir depuis 1999, a donc décidé d’accélérer la prise de contrôle de secteurs stratégiques tels que l’électricité ou les télécommunications. De même, l’Argentine a récemment décidé d’exproprier la majorité des actions d’YPF, l’ancienne compagnie publique privatisée dans les années 1990 au profit de Repsol, le pétrolier espagnol. C’est un véritable coup dur pour le groupe espagnol, qui tirait depuis lors le tiers de ses bénéfices de sa filiale argentine. Ainsi, 51% des actions de la compagnie contrôlée jusqu’ici par Repsol seront expropriées. La présidente argentine Christina Kirchner a justifié sa décision par le déclin de la production, dû à l’absence d’investissements du groupe espagnol et le souci de récupérer l’autonomie énergétique de son pays. En effet, avec 40% de la production et 60% de la distribution, Repsol domine le marché pétrolier du pays.
En Afrique, le Niger a quant à lui pris la décision de nationaliser la Société des Télécommunications Sonitel, sept ans après l’avoir privatisée. En effet, en 2001, dans le cadre de la mise en œuvre de son programme de réformes économiques et financières, le gouvernement nigérien avait confié 51% de son capital à une société libyenne. Mais, sa situation financière qui présente un surendettement très important, une baisse drastique du chiffre d’affaires et une absence totale de distribution des dividendes, a finalement incité l’État à reprendre le contrôle de ce groupe.


























