Avec ses nombreuses ressources géologiques, le continent africain attire énormément d’investisseurs. C’est dans ce croisement d’intérêts publics et privés que des entreprises évoluent, mais pas toujours en pleine lumière. Lorsque nous abordions ce sujet il y a quelques années, les Africains étaient quasiment absents des leaders de ce secteur. Aujourd’hui, de nouveaux joueurs ont fait leur apparition.
Activité dominante et premier poste d’exportation dans plusieurs pays, l’exploitation des mines concerne des nations ayant développé un pôle minier assez important. Celles qui reviennent généralement dans les circuits économiques et financiers sont l’Afrique du Sud, le Botswana, la RD Congo, le Mali, la Guinée, le Ghana, la Zambie, le Zimbabwe, le Niger, la Tanzanie, le Togo et la Mauritanie. Se sont rajoutés aux principaux producteurs, l’Angola, la Sierra Leone et la Namibie.
Il n’est donc pas surprenant que le continent se positionne comme le premier producteur mondial de nombreux produits miniers dont l’or, les diamants, le platine, les phosphates ou le manganèse, et possède d’immenses réserves en bauxite, en uranium ou encore en coltan, minerai éminemment stratégique qui entre dans la composition des cartes à puce. Bénéficiant toujours des plus grands investissements sur la prospection minière, l’Afrique voit se déposer de grandes sommes dans son « sous-sol ».
Les principaux métaux convoités sont donc l’or, qui « pèse » près de 65 milliards $ par an et est principalement exploité en Afrique du Sud et au Ghana à travers les trois plus grandes multinationales d’extraction, soit AngloGold (Afrique du Sud), Barrick Gold (Canada) et Newmont Mining (USA). Ensuite les diamants, 60% de la production mondiale, principalement exploités au Botswana, en République démocratique du Congo, en Angola et en Afrique du Sud, tous sous le contrôle du sud-africain De Beers et Kimberley Rhodes ainsi que quelques compagnies canadiennes et russes. L’uranium, dont les principales réserves africaines sont situées au Niger et en Namibie, est exploité par la française Areva qui en a presque le monopole. D’autres sites sont en prospection ailleurs sur le continent et le Canada, à travers le groupe Rockgate Capital Corp., en est l’un des principaux acteurs. La bauxite, avec pour principal producteur la Guinée, deuxième dans le monde et bientôt suivi du Mali, bénéficie des « services » du Russe Rusal.
Il faudrait cependant mentionner que les entreprises canadiennes, malgré leur dissémination, ont énormément joué dans l’explosion de l’industrie minière en Afrique. Grand producteur minier, le pays à la fleur d’érable a vu ses entreprises prospecter ailleurs sur la planète en raison de la baisse drastique de ses propres réserves.
Jusqu’au milieu des années 2000, on retrouve à l’oeuvre des sociétés comme Tenke Mining Corporation, Melkior Resources Inc., Barrick Gold Corporation, First Quantum Minerals Ltd., IAMGold Corp, Tiomin Ressources Inc., Ashanti Goldfields Company Ltd. Ou encore Banro Corp. Toutes détiennent des actions dans des centaines d’investissements à travers une quarantaine de pays et sont surtout actives dans le diamant et l’or.
Face à ces « majors », les entrepreneurs africains avancent mais tardent à se faire une place importante dans la nébuleuse minière mondiale. Il faudrait toutefois se réjouir de la montée de groupes comme Mwana Africa du Congolais Kalaa Mpinga, l’Ashanti Goldfields initié par le Ghanéen Sam Jonah ou encore l’African Rainbow Minerals du Sud-africain Patrice Motsepe. Ces entreprises sont en train de susciter de véritables vocations chez plusieurs Africains, cadres d’entreprises ou universitaires, désireux de mettre leur expertise au service du continent. Mais cette partie est très loin d’être gagnée.


























