Extrêmement attractif, le continent reçoit de plus en plus une part non négligeable des Investissements directs étrangers (IDÉ). Toutefois, cette manne est inégalement répartie et concerne surtout les poids lourds africains.
Dans son dernier rapport sur les investissements directs étrangers en 2011, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), prévoit que les flux continueront de se redresser, pour s’établir dans une fourchette de 1 400 à 1 600 milliards $US, soit le niveau d’avant la crise, en 2011. Ils devraient ensuite atteindre 1 700 milliards $US en 2012, puis 1 900 milliards $US en 2013, correspondant au niveau record atteint en 2007.
Les liquidités records des sociétés transnationales, les restructurations industrielles et restructurations d’entreprises en cours, la hausse des valeurs boursières et la sortie progressive des États du capital d’entreprises financières et non financières, c’est-à-dire la fin des mesures de soutien prises durant la crise, sont autant d’éléments qui ouvrent de nouvelles perspectives d’investissement.
Sur la période 2003-2011, quinze pays ont concentré 82% de ces investissements, selon les chiffres fournis par le cabinet Ernst & Young. L'Afrique du Sud se taillant la part du lion suivie de l’Égypte, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Le Nigeria, pays le plus peuplé du continent, et le très pétrolier Angola, aiguisent aussi l'appétit des investisseurs.
Dans un cadre régional et sur une période plus récente 2005-2010, l’Afrique du Nord domine le classement, suivie de l’Afrique centrale qui est depuis quelques années la deuxième destination privilégiée des IDE du continent, sauf en 2009 où elle avait devancé les autres régions.
D’après les analystes du groupe de Perspectives économiques en Afrique, auquel on doit un rapport détaillé l’année dernière, l’Afrique de l’Ouest a drainé près de 20% des IDE vers l’Afrique ces cinq dernières années, obtenant 10 milliards $US en 2009 et 9 milliards en 2010. L’industrie pétrolière du Nigeria en est la principale bénéficiaire. Ce pays a reçu pratiquement 6 milliards $US en 2009 et 4,5 milliards en 2010, soit 50% des apports d’IDE à la région. Le Ghana arrive en deuxième position, avec 1,5 milliard $US en 2010. Les IDE vers ce pays ont décuplé en cinq ans, sous l’effet de la découverte de nouveaux gisements de pétrole. Ce dynamisme ne vaut cependant pas celui du Niger et du Liberia : le premier a vu les IDE en sa faveur bondir de 30 millions $US en 2005 à 900 millions en 2010, et le Liberia est passé de quasiment rien en 2005 à 350 millions $US en 2010.
Suit l’Afrique australe qui a drainé au cours des cinq dernières années, près de 11% des IDE aux pays africains. Malgré un léger fléchissement, la locomotive sud-africaine qui reste la première bénéficiaire des IDE dans la région, tire l’ensemble de l’économie régionale avec un développement accru de son secteur manufacturier pour en faire une filière rentable d’exportation. Cela se vérifie notamment dans l’industrie automobile alors qu’ailleurs dans la région, les IDE se concentrent dans les nombreuses industries minières et touristiques, notamment au Botswana et en Namibie.
Enfant pauvre de cette dynamique, l’Afrique de l’Est reste la région la moins courue de toutes, avec un taux moyen de 9% des IDE du continent ces dernières années. La Zambie en est la principale bénéficiaire, avec une industrie minière en forte progression. Toujours selon Perspectives économiques en Afrique, « le Mozambique affiche le plus fort taux de croissance, avec une progression de pratiquement 900% depuis 2006. Les millions investis tiennent particulièrement aux mégaprojets dans les industries extractives (charbon et aluminium). En dehors de l’Ouganda, où de nouveaux gisements de pétrole ont été découverts, les autres pays de la région n’ont pratiquement pas de ressources naturelles, d’où leur manque d’attractivité pour les IDE. Bien que faible en valeur, la part de l’Afrique de l’Est dans les investissements est significative dès lors qu’on la rapporte au nombre de projets : en 2010 et 2011, entre 20 et 25% des projets d’investissements africains dans des installations totalement nouvelles ont concerné cette région, signe d’un intérêt des investisseurs pour des débouchés dans les secteurs de la production et des services, dont la valeur est bien inférieure à celle des projets dans les industries extractives. »
C’est donc dire que le continent tout entier est quadrillé par les investisseurs qui trouvent des choix très rentables pour leur mise. Une tendance qui dépendra, on le rappelle, d’un climat des affaires de mieux en mieux favorable.


























