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Crise de l’électricité en Afrique : Une industrialisation hypothéquée

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Électricité AfriqueSous-équipé, le continent africain croule sous la vétusté de ses installations et fait les frais d’une mauvaise gestion des ressources disponibles. Représentant 15% de la population mondiale, l’Afrique ne consomme paradoxalement que 3% de la production planétaire d’électricité. Une meilleure couverture des territoires ne concerne pas seulement l’usage domestique de l’électricité ou les très nombreuses petites et moyennes entreprises qui font le tissu économique des pays. Elle concerne aussi et surtout, la possibilité d’initier des projets industriels de plus grande envergure.

L’énergie électrique, comme ailleurs, est donc vitale pour l’Afrique et l’industrie, qui est le moteur de plusieurs pôles de développement, en dépend largement. Son importance s'accroît aujourd'hui avec les progrès techniques et technologiques, les nouveaux procédés de production ainsi que les nouvelles exigences qualitatives et environnementales des produits.

Pour que les pays africains arrivent à se donner un nouveau rôle dans le concert des nations émergentes, il faudra aller au-delà des simples intentions et appliquer de véritables plans de consolidation et d’expansion de ressources électro-énergétiques. Cela, parce que la situation actuelle fait apparaître des disparités entre les différentes parties du continent.

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Afrique du Sud, la plus grande puissance économique du continent, possède 46 % de la capacité de production électrique de l’Afrique, l’Afrique du Nord 34 % et le reste de l’Afrique seulement 20 %. Ce qui appelle à un équilibrage de la production et de la distribution pour une croissance égale et suivie.

Dans les évaluations de développement humain, la consommation moyenne d’électricité par habitant est admise comme un indicateur de progrès car le lien entre énergie, croissance et développement a été largement établi dans plusieurs études. Il faudrait cependant apporter un bémol à ces constats car, selon un inventaire repris par des chercheurs français, « dans certaines régions du monde, une production d’électricité plus élevée par tête ne veut pas nécessairement dire un niveau de développement supérieur. Par exemple les chiffres de la Communauté des États Indépendants (CEI) sont supérieurs à ceux de l’Amérique du sud mais le revenu par habitant de ces deux espaces est très proche.

En Afrique, la nécessité de proposer des plans sérieux se justifie largement. Un rapport d’universitaires camerounais indique que dans leur pays, « les besoins en énergies électriques des entreprises industrielles croissent en moyenne de 8% par an depuis 2001 tandis que l’offre d’électricité ne cesse de se dégrader du fait des pertes élevées, de la présence des harmoniques et de nombreux incidents dans le réseau électrique. Le déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité qui en découle a conduit à un rationnement de l’électricité et aux interruptions involontaires d’énergie avec pour conséquence immédiate la baisse de la productivité des entreprises industrielles. Le paradoxe est que les quantités d’énergie produites mais non distribuées (END) sont de plus en plus importantes ».

Pallier ce déficit exige cependant de gros investissements auxquels on ne peut échapper car l’augmentation de la production d’électricité est essentielle pour que la croissance de l’Afrique garde un rythme soutenu, car c’est l’une des priorités du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, le plan de développement du continent.

L’AIE estime que l’Afrique a besoin de 344 milliards $ pour augmenter sa capacité de production d’électricité, moderniser les équipements installés et étendre les réseaux de transmission et de distribution à un plus grand nombre de foyers et d’entreprises.

De nombreux bailleurs de fonds sont à l’affût et d’autres sillonnent déjà le continent à la recherche de filons pour un retour sur investissement conséquent. Avant de souscrire à la feuille de route des autorités politiques appuyées par les officines bancaires et financières mondiales, une vision claire des engagements des uns et des autres devra clairement être établie. Le constat, pas toujours très positif, des premières libéralisations dans le secteur de l’énergie électrique a plutôt fait apparaître des opérateurs plus soucieux de faire du chiffre d’affaires que d’investir quantitativement et qualitativement dans ce domaine.

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