En février dernier, se tenait à Paris sous la direction du ministère français de la Coopération et de la Banque Africaine de Développement (BAD), un colloque sur les transferts d’argent des migrants réunissant près de 200 personnalités directement concernées par cette question et venues essentiellement du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne (ministères, banques, sociétés de transfert d’argent, institutions de micro-finance, opérateurs de téléphonie mobile, élus, représentants d’ONG, etc.). Cette question de transferts d’argent des migrants qui a intégré les débats sur le développement économique des pays pauvres ou en voie de développement, fait l’objet de nombreuses études depuis quelques années. Et pour cause, ces envois d’argents des migrants vers leur pays d’origine représentent aujourd’hui un marché très lucratif. Ils constituent ainsi jusqu’à 20% du PIB (produit intérieur brut) dans plusieurs pays à faible revenu où ils sont souvent la principale source de devises.
Globalement, ces transferts conduisent très souvent entre autres, selon la Banque mondiale, à une augmentation des dépenses de santé et d’éducation et à une réduction du travail des enfants, etc. Ils favorisent également l’entreprenariat ainsi qu’un meilleur accès aux technologies de l’information et de la communication. Ces sommes qui sont en règle générale envoyées pour les trois quarts dans les zones rurales, notamment en ce qui concerne le continent africain, aident également les ménages à mieux se préparer aux catastrophes naturelles comme les grandes sécheresses dans la Corne de l’Afrique souvent à l’origine de la famine dans cette région. Ces flux d’argent privés soutiennent donc ainsi la croissance économique de ces pays destinataires, au même titre que l’APD et les investissements directs étrangers (IDE) en contribuant à y renforcer la capacité d’épargne et d’investissement. Cette source de financement devenue vitale pour certains de ces pays bénéficiaires, constitue ainsi une de leurs principales ressources extérieures mais surtout un filet de sécurité, à l’heure où ils voient s’effondrer les flux de capitaux privés étrangers en raison de la crise financière mondiale qui frappe actuellement les nombreux pays occidentaux.


























