Le Canada lutte contre les gaz à effet de serre...à l’étranger

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Marie-Claude-FafardMarie-Claude-Fafard - Le ministre canadien de l’Environnement, Jim Prentice, a annoncé la semaine dernière que le Canada s’engageait à verser cette année 400 millions $, une somme destinée aux initiatives internationales afin d’aider les pays les plus pauvres et les plus vulnérables à lutter contre le changement climatique.

Une annonce qui est survenue la veille des Sommets du G8 et du G20, lors desquels la question du changement climatique a été abordée.

Vouloir aider les pays en développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) et à mieux s’adapter aux effets des changements climatiques est tout à l’honneur du Canada. Car une une cheminée de New Delhi produisant en moins une tonne de CO2, c’est une tonne de pollution en moins pour la planète! D’autant que cette contribution lui permet de respecter ses engagements pris à cet égard lors de l’Accord de Copenhague.

Mais là où on hausse les sourcils, c’est que le pays surnommé le « délinquant du carbone » en raison de ses rares actions posées pour diminuer ses émissions de GES va faire le ménage chez les autres pays au lieu de commencer par balayer sa propre cour!

Cet élan de bonne conscience écologique de la part du gouvernement Harper est sans doute une façon de remonter une image largement ternie à l’internationale en raison de l’abandon par Ottawa des objectifs du Protocole de Kyoto sur les limitations des émissions de GES. L’objectif nettement plus modeste, qu’il qualifie de « réaliste et ambitieux » afin que l’économie canadienne demeure compétitive, consiste à réduire de 17 % les émissions de CO2 à l’horizon de 2020 par rapport aux niveaux de 2005 - comme les États-Unis - , une décision vivement critiquée par les défenseurs de l’environnement et les partis de l’opposition.

Et si l’on se fie à un récent rapport de la Table nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE), le Canada est loin d’atteindre son objectif et tire toujours de l’arrière par rapport à d’autres pays en matière d’économie verte.

En effet, selon l’ «Indice de rendement à faible production de carbone», établi selon cinq critères par le comité d’experts du rapport, le Canada est, parmi ses confrères du G8, celui qui a connu la plus forte augmentation relative de ses émissions de GES entre 1990 et 2007, «un résultat inquiétant en termes de son incidence sur la compétitivité future dans un monde faible en carbone», note le rapport de la TRNEE.

Ainsi, le Canada se classe presque bon dernier, juste devant l’Italie et la Russie pour ses faibles performances de réduction de GES, son manque d’innovation dans l’économie verte, la mauvaise exploitation de ses compétences, ses rares  investissements verts et l’absence de vrais projets porteurs en matière d'environnement.

Pour renverser la vapeur et «réaliser des réductions significatives » de CO2, prévient-il, le Canada devra effectuer «une transformation substantielle des modes de production et d’utilisation de l’énergie». Le comité d’experts ajoute que si le Canada ne veut pas manquer le bateau, il est urgent d’investir davantage en matière de rendement à faible carbone et de mieux préparer son économie à la transition vers de faibles émissions de carbone.

En gros, non seulement le Canada fait piètre figure en terme d’effort pour réduire ses GES, mais il n’a pas non plus la capacité de concurrencer la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et surtout les États-Unis en matière de technologies vertes dont les compagnies compétitrices investissent d'énormes sommes d’argent.

Conclusion : s’il veut regagner sa crédibilité sur la scène international et se tailler une place parmi les joueurs importants dans la course aux énergies vertes, car il a les effectifs pour y arriver, le Canada a tout intérêt à multiplier les investissements concrets plutôt que d’y aller de coups de pub ponctuels et à courte vue.

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