Alors que le continent africain compte 11% de la population mondiale, il supporte 24% de la charge de morbidité mondiale en coûts humains et financiers et représente moins de 1% des dépenses mondiales de santé. Ainsi, dans l’ensemble, l’Afrique reste la région la plus mal lotie du monde en matière de financement du secteur de la santé.
Malgré les milliards de dollars d’aide publique nationale et internationale versée depuis des dizaines d’années, rares sont les pays africains à pouvoir consacrer, ne serait-ce que les 34 à 40 dollars par habitant et par an, qui constituent, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le minimum nécessaire pour assurer des soins de base à une population. Une récente étude du groupe de la Banque Mondiale, l’IFC (Société Financière Internationale) assistée du cabinet McKinsey et intitulée « Investir dans la santé en Afrique », a évalué entre 25 et 30 milliards de dollars le montant des nouveaux investissements dont l’Afrique subsaharienne aurait besoin dans les dix prochaines années.
En Afrique, le financement de la santé est majoritairement public. Mais, les dirigeants africains qui se sont engagés lors de la conférence d’Abuja (Nigéria) en 2001, à mobiliser plus de ressources financières en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en allouant au moins 15% de leurs budgets nationaux au secteur de la santé, semblent avoir du mal à respecter leurs engagements. En effet, le financement des bailleurs représente aujourd’hui encore une grande partie des dépenses en santé publique du continent. Ainsi, dans certains pays, 50% ou plus de leurs budgets viennent de l’aide étrangère ou privée. Dans près de la moitié des pays, le financement privé de la santé égale ou dépasse très largement le financement public, allant jusqu’à 70% dans certains États comme la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Togo, la Gambie, le Burundi ou le Cameroun. Plus de la moitié des 54 gouvernements africains investissent 14 dollars ou moins seulement par habitant, avec certains plaçant dans la santé des capitaux aussi faibles qu’un à quatre dollars.
Par ailleurs, selon un rapport de 2007 de l’OMS qui a étudié les dépenses de santé de 46 pays africains, seuls quatre pays (le Burkina Faso, le Rwanda, le Libéria et le Malawi) ont respecté les engagements de la conférence d’Abuja tandis que la majorité, à savoir la moitié de l’ensemble des pays alloue moins de 10% et 7, moins de 5%. Cependant, même si entre 2000 et 2005, la part des dépenses publiques de santé a diminué dans près de la moitié des pays africains, 85% d’entre eux, soit 39 pays sur 46, ont augmenté leurs dépenses publiques de santé par tête et dans 28% des pays (13 pays sur 46), la hausse a été de 50% ou plus. En somme, moins du tiers de l’Afrique (14 États) a atteint un niveau de dépenses totales de santé égal ou supérieur à 40 dollars par habitant, comme le suggère l’OMS. Mais d’une manière générale, les dépenses totales de santé sur le continent africain restent insuffisantes.




























