L’Afrique du Sud qui extrait plus d’une soixantaine de minerais de son sous-sol, figure dans le top mondial des puissances minières. Il compte parmi les premiers producteurs mondiaux d’or, de platine, de vanadium, de chrome, de manganèse, etc.
Le pays fait partie, en outre, des principaux producteurs de pierres précieuses et possède l’une des plus grandes réserves de diamants au monde. C’est également le quatrième producteur mondial de charbon avec 60% des réserves du continent africain. Ainsi, l’exploitation de ces richesses minières et énergétiques lui procure 68 % de ses revenus à l’exportation. L’Afrique du Sud bénéficie donc d’un sous-sol particulièrement riche.
Cette richesse fait justement débat dans le pays arc-en-ciel de Nelson Mandela où nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’exploitation de ces matières premières minérales, mais surtout sur leur répartition. À qui appartiennent-elles réellement et comment faire en sorte pour que la population en tire également profit? Telles étaient, entre autres, les questions posées lors d’un débat sur la question des minerais organisé pendant le 10e anniversaire, fin juin, de l’ANC (African National Congress).
Force est de constater que malgré l’abolition de l’Apartheid en 1994 et la mise sur pied d’un régime démocratique, ce sont toujours les multinationales qui contrôlent quasiment la totalité de l’industrie minière sud-africaine. Ainsi, Lonmin, la mine où 34 grévistes ont été tués par la police le 16 août dernier dans la mine de Marikana, est l’une d’entre elles. Troisième producteur mondial de platine avec une production de 754 000 onces en 2011, il a son siège légal à Londres. Pour autant, le groupe a sa base opérationnelle en Afrique du Sud, où il a la totalité de ses actifs, notamment dans la mine de Marikana qui représente 96% de sa production annuelle. Lonmin dispose également d’une part de 42,5 % dans la mine de Pandora, située dans la même région, qui représente 4% de sa production. Il a enregistré un chiffre d’affaires de 1,99 milliard de dollars sur son exercice décalé 2010/2011.
De même, l’Anglo American est devenue au fil des ans, la plus importante société minière en Afrique du Sud, grâce notamment à ses différentes filiales comme Tarmac (Grande-Bretagne), Copebras (Brésil) et Anglogold Ashanti et De Beers (Afrique du Sud) dont il possède 85% de parts. Le groupe anglo-sud-africain s’est ainsi beaucoup diversifié depuis quelques années.
En plus de ces deux groupes miniers, d’autres à l’image d’Impala Platinum, Xstra, ont engrangé d’énormes profits au cours de ces dernières avec la demande de plus en plus croissante des Chinois en matières premières minières. Ainsi, en 2010, Anglo American a vu son bénéfice augmenter de 170% ; celui de Xstrata (groupe suisse qui exploite les mines de charbon à Tweefontein) a même augmenté de 609%. Ces profits ont poussé le secteur minier a concentré davantage son contrôle dans les entreprises multinationales, qui produisent pour l’exportation.
Cependant, en dépit de l’omniprésence de ces compagnies privées, l’État sud-africain est tout de même présent dans le secteur minier par l’entremise de deux sociétés, African Exploration Mining & Finance Corp (AEMFC) et Alexkor. AEMFC, filiale du Central Energy Fund, est une société minière créée en 1944, mais en sommeil jusqu’en 2007. Réactivée en 2007 par le ministère de l’Énergie et des Minéraux, elle a obtenu une licence d’exploitation et une trentaine de licences d’exploration seulement en octobre 2010. De son côté, Alexkor, producteur de diamants, est dans une situation de crise financière depuis plusieurs années, accumulant les déficits d’exploitation.
Mais pour certaines personnes, comme la ministre de l’Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma, l’État devrait occuper une place plus importante dans ce secteur. En effet, lors de la conférence de l’Association Parlementaire du Commonwealth en juillet dernier, Madame Dlamini-Zuma a remis sur la table les projets très controversés de l’ANC pour le secteur minier en annonçant qu’il était temps de « prendre le contrôle des richesses minérales de l’Afrique ».
« Nous devrions prendre le contrôle de nos ressources nationales. Nous devrions bénéficier de nos richesses minérales et nous assurer d’en tirer un profit suffisant. Pour le moment, ce sont les sociétés qui s’occupent de l’extraction de ces minéraux qui en tirent tout le profit dans le même temps que les habitants des pays dans lesquelles elles sont implantées ne perçoivent rien ou presque », a-t-elle déclaré.
Même si, son discours s’inscrit dans la perspective actuelle des membres de l’ANC à s’impliquer plus sur le secteur minier, ces derniers ont écarté l’idée de la nationalisation des mines. Pour autant, le parti au pouvoir n’a pas renoncé à taxer plus lourdement les entreprises et surtout à intervenir massivement dans l’industrie minière. Or le retour au dirigisme et une taxation excessive pourraient massacrer la compétitivité des acteurs du secteur selon certains spécialistes.




























