Du 12 au 14 octobre prochain, Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, accueille le Sommet de la Francophonie qui réunira les Chefs d’État et de gouvernement de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie). Face à la crise économique actuelle, les membres de l’OIF ont décidé de placer la Francophonie économique au cœur des discussions de cette XIVe édition en choisissant le thème suivant : « Francophonie, enjeux environnementaux et économiques face à la gouvernance mondiale ». Et pour cause.
La Francophonie est devenue, au fil de ces dernières décennies, un champ économique mondial avec d’énormes perspectives de développement. Avec une population totale estimée à 890 millions dans les 75 États et gouvernements de l’OIF dont 220 millions sont francophones (715 millions en 2050 avec 85% située en Afrique), la Francophonie économique représentait en 2007 près de 20% du commerce des marchandises mondiales avec 18,9% pour les exportations et 19% pour les importations, et 26% du total des IDE (investissements directs étrangers) mondiaux, ce qui équivaut 170,56 milliards de dollars. De même, les échanges commerciaux entre les pays francophones représentaient 688,40 milliards de dollars.
Ainsi, au vu de ces chiffres qui démontrent clairement l’existence de cette Francophonie économique et son énorme potentiel, nombreux sont les États et gouvernements de l’OIF qui notent l’urgence de développer rapidement et concrètement, un volet économique dans l’espace francophone mondiale.
Trois courants sont à l’origine de l’idée d’une Francophonie économique. Pour certains, la CPCCAF (Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones) qui fait son apparition au début des années 70 en même temps que l’ACCT (Agence de Coopération Culturelle et Technique) devenue Agence intergouvernementale de la Francophonie en 1995 est à la base de cette notion de Francophonie économique. La CPCCAF est ainsi définie comme « une association à but non lucratif dont l’objet est de contribuer au développement du secteur privé africain par la coopération entre les chambres consulaires membres de son réseau». Tandis que d’autres attribuent son point de départ au Forum Francophone des Affaires (FFA) créé en 1987, lors du IIe Sommet des Chefs d’États et de Gouvernements ayant le français en partage. « Au point d’intersection des domaines politiques et économiques, le FFA facilite le développement des relations et des échanges entre acteurs économiques publics et privés ». Voilà pour résumer le mandat principal de cette organisation économique francophone présentée comme le premier réseau mondial d’entreprises. Enfin pour d’autres, le début de la Francophonie économique remonte à la première rencontre des Ministres de l’Économie et des Finances de la Francophonie en avril 1999. Une rencontre qui avait pour but, entre autres, de débattre d’une sensibilité francophone dans la mondialisation économique.
Quoi qu’il en soit, « c’est la RIFÉ (Rencontre internationale de la Francophonie économique) qui a donné un souffle vivifiant, suscité un vent d’espoir pour une véritable transformation de l’espace économique francophone », comme le souligne Serge Tchaha dans son dernier livre intitulé, La Francophonie économique, Horizons des possibles vus d’Afrique.


























