La recherche spatiale, en Afrique comme ailleurs, peut être au service de plusieurs volets. Dans un contexte de positionnement stratégique relancé par les pays émergents, le continent doit revoir ses axes de développement.
Il est évident que les préoccupations africaines penchent prioritairement au niveau de l’éducation, de la santé et de l’environnement. Ce dernier point conditionne par ailleurs un grand nombre de décisions et d’orientations politiques.
D’abord au niveau du développement économique, la conquête spatiale représente d’importantes avenues. Comme moteur de la nouvelle économie, elle permet de pousser l’innovation technologique parce que cette dernière est centrale dans la croissance des télécommunications et de l’informatique. Secteur générateurs de nouveaux emplois s’il en est, avec un encouragement à l’entreprenariat et la naissance conséquente de nouvelles unités industrielles.
Sur le strict plan de la production satellitaire, l’Afrique toute entière pourrait tirer profit des initiatives engagées par les pays qui se lancent dans la course à l’espace. Comme le soulignaient plusieurs intervenants lors de la conférence annuelle organisée par la Fédération internationale d’astronautique (FIA) en décembre dernier en Afrique du sud, les satellites africains ont démontré leur utilité et leur efficacité pour la préservation de l’environnement et la sécurité des populations.
On rappelle ainsi que c’est un satellite nigérian qui, en 2005, a pu donner le premier des images de l’ouragan Katrina. En raison des catastrophes naturelles fréquentes en Afrique, cet outil de surveillance permettrait de mieux y répondre. Par ailleurs, le continent dispose du Nigeriasat-2, premier produit de l’African resource management constellation (ARMC), un réseau africain de surveillance des catastrophes naturelles monté par l’Afrique du Sud, l’Algérie, le Nigeria et le Kenya. Ce satellite est destiné à la prévention des déforestations, de la mesure de l’augmentation des exploitations agricoles et des ressources en eau. On prévoit même qu’il sera possible d’anticiper les zones de propagation des pandémies comme celle du paludisme.
Comme on le voit, la mise en place d’instruments de ce type est essentielle pour s’assurer de respecter, entre autres, le protocole de Kyoto. Dans un continent à l’urbanisation rampante, il conviendra de mieux déployer les villes et opérer une meilleure occupation des territoires. Un rapport de l'ONU publié en décembre 2011 indique que « l'urbanisation rapide de ces cinq dernières années – 40% du milliard d’Africains vivent dans les zones urbaines - change radicalement l'évolution du paysage africain et génère des défis gigantesques en matière d'assainissement et de distribution d'eau. »
À travers ces points précis on peut facilement remarquer que l’Afrique est entièrement concernée dans son expansion à travers la recherche spatiale.
Au-delà de ces considérations, il y va enfin du positionnement sécuritaire et géostratégique de l’Afrique. Dans un monde où les services de renseignements sont de plus en plus imbriqués, la gestion des données nationales nécessite des outils extrêmement performants et sécurisés. À ce sujet, le Comité des services de renseignement et de sécurité africains (CISSA), créé en 2004 à Abuja, au Nigeria, est très actif et la cueillette des informations de ses différents services passe aussi par les technologies spatiales.
Mais comme nous le disions hier au sujet du financement de la recherche spatiale sur le continent, tout cela coûte extrêmement cher. La mobilisation des ressources financières, pour atteindre des objectifs plus qu’honorables, devra se faire en marquant scrupuleusement les priorités de développement du continent car il y va de l’équilibre même de ses sociétés, fortement séculaires.


























