La conquête spatiale africaine : Recherche et financement

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home_29AOUT12petitLa demi-douzaine de projets lancés sur le continent démontre la volonté politique de doter le continent de ses propres outils spatiaux. Mais un regard plus attentif permet de constater que les moyens ne sont pas toujours au niveau des ambitions. C’est pourquoi des ententes stratégiques sont signées avec des partenaires étrangers pour initier ou développer des programmes.

En matière de recherche et développement spatial, l’intégration interafricaine réclamée par plusieurs autorités est précédée d’initiatives nationales. Des formations de pointe sont donc présentes dans les programmes d’universités ghanéennes, nigérianes, kenyanes, sud-africaines, namibiennes et même malgaches et mozambicaines. Le tout avec la ferme intention de pouvoir se doter de personnel compétent pour compléter les ressources de plus en plus anémiques de l’extérieur. Dans un contexte hautement concurrentiel, il devenait essentiel pour les pays africains de disposer de toute l’expertise académique pour maîtriser le processus de recherche en sciences de l’espace.

Le plus spectaculaire des projets sur le continent est celui de l’Université panafricaine (UPA), officiellement lancée au mois de décembre 2011. Dans les notes inscrites dans son mandat, « l’UPA a pour objectif de rendre l’enseignement supérieur africain plus compétitif tout en répondant aux conditions spécifiques à l’Afrique. Pour ce faire, il est nécessaire de capitaliser sur l’expérience et les ressources intellectuelles des meilleures universités du continent et de les utiliser pour créer des pôles régionaux de connaissances. Ses principaux objectifs seront, entre autres, de promouvoir la science et la technologie en Afrique et d’optimiser la qualité des centres de recherche et des établissements d’enseignement supérieur, de donner aux scientifiques et aux chercheurs les outils nécessaires pour répondre aux défis de développement auxquels l’Afrique fait face ou encore de lutter contre la fuite des cerveaux. »

Parmi les thématiques identifiées pour illuminer les différentes facultés, les sciences fondamentales, technologie et innovation ainsi que les sciences spatiales figurent en bonne place. Des disciplines qui seront dispensées dans cinq pôles supérieurs situés en Algérie, au Nigéria, au Kenya, au Cameroun et en Afrique du Sud. C’est dans ce dernier pays que le premier campus de ce réseau continental d’institutions formant des étudiants de troisième cycle et promouvant la recherche a été activé.

Les gouvernements des pays hôtes paient le tiers du budget de fonctionnement annuel de cette université qui disposera d’un Fonds de dotation et dont les autres contributions émanent de l’Union Africaine et de partenaires internationaux comme la Swedish International Development Cooperation Agency.

Une fois les ressources humaines assurées, le prix à payer pour rejoindre les grandes organisations mondiales des sciences de l’espace est toutefois lourd à assumer. Parmi les principales, la NASA américaine a obtenu 16 milliards $US pour son budget 2012, l’Agence spatiale européenne pointe à près de 5 milliards $US, l’Agence spatiale fédérale russe dispose de près de 4 milliards $US de fonds et la China National Space Administration de Chine avance officiellement le chiffre de 500 millions $US, sous-estimé de moitié par les spécialistes.

 À côté de ces mastodontes, les agences africaines et les réseaux universitaires de recherche font figure de petits poucets. L’Agence spatiale sud-africaine (SANSA), lancée il y a deux ans, dispose d’un budget d’environ 78 millions $US, celle du Nigeria (NASRDA), a démarré avec un budget de 93 millions $US, et en Algérie, l’Agence spatiale algérienne dotée d’une enveloppe de près d’un milliard $US pour son premier programme (2002-2017)

 Comme on le voit, il y a encore loin de la coupe aux lèvres mais les premières réussites satellitaires, la coopération internationale et le rapatriement des compétences africaines ayant fait leurs armes dans les institutions réputées, sont de bon augure pour l’avenir. Avec un PIB  et une croissance qui s’accélèrent spectaculairement, il faut s’attendre à de nouveaux investissements qui garantiront une grande part d’indépendance et d’autonomie aux pays africains en termes de maîtrise des sciences de l’espace.

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